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Élections législatives danoises de 2019

Élections législatives danoises de 2019
179 sièges du Folketing
(majorité absolue : 90 sièges)
Corps électoral et résultats
Inscrits 4 219 542
Votants 3 567 196
84,54 %  −1,3
Votes exprimés 3 529 759
Votes blancs et nuls 37 437
Mette Frederiksen 20120501.jpg Social-démocratie – Mette Frederiksen
Voix 915 393
25,93 %
 −0,4
Sièges obtenus 48  +1
Lars Løkke Rasmussen foran Amalienborg 7 april 2009.JPG Parti libéral – Lars Løkke Rasmussen
Voix 825 486
23,39 %
 +3,9
Sièges obtenus 43  +9
Kristian Thulesen Dahl, 25-05-2014.jpg Parti populaire danois – Kristian Thulesen Dahl
Voix 308 219
8,73 %
 −12,4
Sièges obtenus 16  −21
Den danske uddannelsesminister Morten Oestergaard. Mote i ministerradet for utbildning och forskning i forbindelse med Nordiska radets 64-e session i Helsingfors. Wednesday 31. October 2012.jpg Parti social-libéral – Morten Østergaard
Voix 304 273
8,62 %
 +4
Sièges obtenus 16  +8
SFP Pia Olsen Dyhr.png Parti populaire socialiste – Pia Olsen Dyhr
Voix 272 093
7,71 %
 +3,5
Sièges obtenus 14  +7
Enhedslisten.svg Liste de l'unité – Direction collective
Voix 244 664
6,93 %
 −0,9
Sièges obtenus 13  −1
SørenPape2.JPG Parti populaire conservateur – Søren Pape Poulsen
Voix 233 349
6,61 %
 +3,3
Sièges obtenus 12  +6
Composition de l'assemblée élue
Diagramme
Premier ministre
Sortant Élu
Lars Løkke Rasmussen
Venstre
Mette Frederiksen
Social-démocratie

Les élections législatives danoises de 2019 ont lieu le afin de renouveler pour quatre ans les 179 membres du Folketing, le parlement danois.

Bien que le Parti libéral du Premier ministre Lars Løkke Rasmussen progresse de la troisième à la seconde place, totalisant un quart des sièges, le scrutin est remporté par le principal parti d'opposition, Social-démocratie, qui conserve la première place. Le rapport de force général est en effet renversé au profit des partis de gauche du « Bloc rouge », qui remporte la majorité absolue au Parlement face au « Bloc bleu » des partis de droite. Parmi ces derniers, le Parti populaire observe notamment un net recul.

Un gouvernement de coalition ou minoritaire mené par la dirigeante de Social-démocratie, Mette Frederiksen est attendu, cette dernière privilégiant la seconde option.

ContexteModifier

À la suite des élections législatives de 2015, les partis de la coalition de droite dite « bloc bleu » obtiennent une très courte majorité au Folketing avec 90 sièges contre 89 pour la coalition de gauche, dite « bloc rouge ». Les élections sont notamment marquées par une nette progression du Parti populaire danois[1], classé à droite voire à l'extrême-droite de l'échiquier politique.

Un gouvernement minoritaire composé uniquement de membres du parti libéral Venstre est formé grâce au soutien du Parti populaire danois, de l'Alliance libérale et du Parti populaire conservateur. Ces soutiens permettent au dirigeant du parti libéral Lars Løkke Rasmussen[2] de redevenir premier ministre, après un passage à cette fonction entre 2009 et 2011. En , l'Alliance libérale et le parti populaire conservateur rejoignent formellement le gouvernement suite à un accord de coalition, le gouvernement continuant à bénéficier du soutien sans participation du parti populaire danois.

Date et mode de scrutinModifier

DateModifier

Selon la Constitution danoise, les élections législatives doivent se tenir avant le , étant donné que les élections précédentes se sont tenues le 18 juin 2015. Le Premier ministre a toutefois la possibilité de convoquer les élections à la date de son choix, au plus tard quatre ans après les élections précédentes. En 2015, la Première ministre d'alors, Helle Thorning-Schmidt avait annoncé le 27 mai 2015 que les prochaines élections législatives seraient convoquées le 18 juin suivant, près de quatre mois avant la date butoir du 14 septembre 2015.

Mode de scrutinModifier

 
Façade du Palais de Christiansborg, lieu de réunion du Folketing.

Le Danemark est doté d'un parlement unicaméral, le Folketing, dont les 179 sièges sont pourvus pour quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal dans le cadre d'un système mixte associant des circonscriptions régionales et une répartition par compensation au niveau national avec seuil électoral de 2 %.

135 sièges sont ainsi répartis dans 10 circonscriptions régionales pour y être pourvus à la proportionnelle avec listes ouvertes selon une version modifiée de la méthode de Sainte-Laguë et à l'aide du quota de Hare. Les électeurs ont la possibilité de voter pour un parti, ou d'effectuer un vote préférentiel directement pour un candidat figurant dans la liste d'un parti. Auquel cas le vote pour le candidat compte pour un vote pour la liste du parti, et lui permet également de faire monter sa place dans celle çi. Après décompte des suffrages, les sièges sont répartis dans chaque circonscription aux candidats des différents partis dans l'ordre de leur position dans la liste, en prenant compte des votes préférentiels[3]. Les partis peuvent néanmoins forcer une répartition selon l'ordre prédéterminé de leurs listes, en le déclarant au préalable. En 2019, seul la Liste de l'unité procède ainsi[4].

À ces 135 sièges s'ajoutent 40 autres destinés à lisser un éventuel décalage entre la part des voix des partis et leurs parts de sièges, afin d'atteindre une meilleure représentativité de l'électorat. Les sièges sont ainsi répartis en priorité aux listes ayant recueilli plus de 2 % des suffrages exprimés et dont la part des sièges est inférieure à celle des voix[3].

Enfin, aux 175 sièges élus dans le Danemark proprement dit s'ajoutent deux sièges pour les Îles Féroé et deux autres pour le Groenland[3].

Pour pouvoir participer au scrutin, un nouveau parti doit recueillir le soutien d'un nombre d'électeurs au moins égal à 1/175e du total des votes valides exprimés lors des précédentes élections. En 2019, ce chiffre équivaut ainsi à 20 109 déclaration de soutien. Trois nouveaux partis parviennent à réunir ce montant, et deviennent éligibles aux élections[5]

CampagneModifier

Partis et chefs de fileModifier

Parti politique Positionnement Dirigeant Députés sortants
Social-démocratie
Socialdemokratiet (A)
Centre gauche
Social-démocratie
Mette Frederiksen
47 / 179
Parti populaire danois
Dansk Folkeparti (O)
Droite
National-conservatisme, conservatisme social, euroscepticisme
Kristian Thulesen Dahl
37 / 179
Parti libéral
Venstre, Danmarks Liberale Parti (V)
Centre droit
Libéral-conservatisme, Agrarisme, Libéralisme économique
Lars Løkke Rasmussen
34 / 179
Liste de l'unité
Enhedslisten (Ø)
Extrême gauche
Socialisme démocratique, euroscepticisme, anticapitalisme
Direction collective
14 / 179
Alliance libérale
Liberal Alliance (I)
Centre droit à droite
Libéralisme, libertarianisme
Anders Samuelsen
13 / 179
L'Alternative
Alternativet (Å)
Centre gauche
Écologie politique, europhilie
Uffe Elbæk
9 / 179
Parti social-libéral
Radikale Venstre (B)
Centre à centre gauche
Social libéralisme, fédéralisme européen, radicalisme
Morten Østergaard
8 / 179
Parti populaire socialiste
Socialistisk Folkeparti (F)
Gauche
Socialisme, ecologisme, féminisme
Pia Olsen Dyhr
7 / 179
Parti populaire conservateur
Det Konservative Folkeparti (C)
Droite
Conservatisme, conservatisme sociétal
Søren Pape Poulsen
6 / 179
La Nouvelle Droite
Nye Borgerlige (D)
Droite à extrême droite
National-conservatisme, libertarianisme, anti-immigration, anti-islam
Pernille Vermund Nouveau
Ligne Dure
Stram Kurs (P)
Extrême droite
Nationalisme ethnique, mouvance identitaire, anti-immigration, anti-islam
Rasmus Paludan Nouveau
Klaus Riskær Pedersen (E) Centre droit
Populisme, social libéralisme, conservatisme social
Klaus Riskær Pedersen Nouveau
Groenland
Inuit Ataqatigiit (IA)
Inuit Ataqatigiit
Gauche
Indépendantisme, Socialisme démocratique
Sara Olsvig
1 / 179
Siumut (S)
Siumut
Centre gauche
Indépendantisme, Social-démocratie
Kim Kielsen
1 / 179
Les Démocrates (D)
Demokraatit
Centre
Unionisme, social libéralisme
Randi V. Evaldsen
0 / 179
Atassut (A)
Atassut
Centre droit
Unionisme, Libéral-conservatisme
Siverth K. Heilmann
0 / 179
Partii Naleraq (PN)
Partii Naleraq
Centre
Indépendantisme, Populisme
Hans Enoksen
0 / 179
Nunatta Qitornai (NQ)
Nunatta Qitornai
Centre gauche
Indépendantisme, Décentralisation
Vittus Qujaukitsoq Nouveau
Parti de la Coopération (en) (SA)
Samarbejdspartiet
Centre droit
Unionisme, Libéralisme
Michael Rosing Nouveau
Îles Féroé
République (E)
Tjóðveldi
Centre gauche
Indépendantisme féroïen, Socialisme démocratique
Høgni Hoydal
1 / 179
Parti social-démocrate (C)
Javnaðarflokkurin
Centre gauche
Social-démocratie, Unionisme danois
Aksel V. Johannesen
1 / 179
Parti de l'Union (B)
Sambandsflokkurin
Centre droit
Libéralisme, Unionisme danois
Bárður á Steig Nielsen
0 / 179
Parti du peuple (A)
Hin føroyski fólkaflokkurin
Centre droit
Indépendantisme féroïen, libéral-conservatisme
Jørgen Niclasen
0 / 179
Progrès (F)
Framsókn
Centre
Indépendantisme féroïen, social-libéralisme
Poul Michelsen
0 / 179
Autogouvernement (D)
Sjálvstýri
Centre
Indépendantisme féroïen, social-libéralisme
Jógvan Skorheim
0 / 179
Parti du Centre (H)
Miðflokkurin
Centre
Régionalisme, démocratie chrétienne
Jenis av Rana Ne participe pas[6]

SondagesModifier

CampagneModifier

La campagne est marquée par l'effondrement dans les sondages du Parti populaire danois. Celui-ci est ainsi jugé « victime de son succès » du fait de sa « victoire idéologique »[7], ses positions anti-immigrationnistes ayant été adoptées par une large part de la classe politique danoise, menant à un virage à droite sur le sujet par le principal parti de gauche, Social démocratie, et à l'apparition d'une concurrence sur sa droite de la part de petits partis d’extrême droite[8],[9]. Le parlement vote ainsi depuis plusieurs années des lois restreignant l'immigration, dont notamment un changement de paradigme dans l'accueil des réfugiés, celui-ci ayant désormais pour principe de viser à terme non pas leur intégration, mais leur retour dans leurs pays d'origine, dès lors que les conditions le permettent[7]. La dirigeante de Social-démocratie, Mette Frederiksen, mène lors de ces élections une campagne alignée sur des positions à gauche sur l'économie et à droite sur l'immigration[10]. Frederiksen déclare ainsi que « Pour moi, il devient de plus en plus clair que le prix de la mondialisation incontrôlée, de l'immigration massive et de la libre circulation des travailleurs est payé par les classes populaires »[11]

Le Parti populaire est d'autre part miné sur sa droite par l'apparition de plusieurs formations aux positions plus extrêmes encore sur l'immigration. La Nouvelle Droite et le parti Ligne Dure font ainsi leurs apparitions dans les sondages, sur des promesses de « remigration » de la population danoise non-européenne existante et de déportation des musulmans[12],[8].

Outre l'immigration, la campagne est marquée par des thèmes environnementaux et sociaux. Quelque 57 % des Danois (dont 69 % des citoyens âgés de moins de 35 ans) souhaitent ainsi que le prochain gouvernement fasse de la lutte contre le changement climatique sa priorité. De nombreux électeurs s'inquiètent également de « l'érosion » de services publics fondamentaux tels que l'éducation et la santé sous l'effet de politiques d'austérité budgétaire. Les Libéraux et les Sociaux-Démocrates promettent que restreindre l'immigration protégera le modèle social danois[13].

RésultatsModifier

 
Parti arrivé en tête dans chaque municipalité. En rouge les Sociaux-démocrates, en bleu le Parti libéral, en orange la Liste de l'unité, et en en rose, le Parti social-libéral.

DanemarkModifier

Résultats des législatives danoises de 2019[14]
 
Parti Votes % +/- Sièges +/-
Social-démocratie (A) 915 393 25,93   0,4 48   1
Parti libéral (V) 825 486 23,39   3,9 43   9
Parti populaire danois (O) 308 219 8,73   12,4 16   21
Parti social-libéral danois (B) 304 273 8,62   4,0 16   8
Parti populaire socialiste (F) 272 093 7,71   3,5 14   7
Liste de l'unité (Ø) 244 664 6,93   0,9 13   1
Parti populaire conservateur (C) 233 349 6,61   3,2 12   6
L'Alternative (Å) 104 148 2,95   1,9 5   4
La Nouvelle Droite (D) 83 228 2,36 Nv. 4   4
Alliance libérale (I) 82 228 2,33   5,2 4   9
Ligne Dure (P) 63 091 1,79 Nv. 0  
Chrétiens démocrates (K) 61 215 1,73   0,9 0  
Klaus Riskær Pedersen (E) 29 617 0,84 Nv. 0  
Indépendants 2 755 0,08 - 0 -
Bloc rouge (Gauche) (A, B, Ø, F, Å) 1 840 571 52,14   4,4 96   11
Bloc bleu (Droite) (V, O, C, D, I, P, K, E) 1 686 433 47,78   4,5 79   11
Sièges du Groenland 2  
Sièges des îles Féroé 2  
Votes valides 3 529 759 98,95
Votes blancs et nuls 37 437 1,05
Total 3 567 196 100 - 179  
Abstentions 652 346 15,46
Inscrits / participation 4 219 542 84,54

Résultats par circonscriptionModifier

GroenlandModifier

Les deux députés élus siègent avec le Bloc rouge.

Résultats au Groenland[15]
Parti Votes % +/- Sièges +/-
Inuit Ataqatigiit (IA) 6 881 33,38   4,9 1  
Siumut (S) 6 058 29,39   8,6 1  
Les Démocrates (D) 2 262 10,97   2,0 0  
Nunatta Qitornai (NQ) 1 616 7,84 Nv. 0  
Partii Naleraq (PN) 1 565 7,59   2,5 0  
Atassut (A) 1 099 5,33   2,1 0  
Parti de la Coopération (en) (SA) 520 2,52 Nv. 0  
Votes valides 20 001 97,02
Votes blancs et nuls 614 2,98
Total 20 615 100 - 2  
Abstentions 20 729 50,14
Inscrits / participation 41 344 49,86


Îles FéroéModifier

Le député du Parti de l'union siège avec le Bloc bleu, et le député social-démocrate avec le Bloc rouge.

Résultats aux îles Féroé[16]
Parti Votes % +/- Sièges +/-
Parti de l'union (B) 7 349 28,31   4,8 1   1
Parti social-démocrate (C) 6 630 25,54   1,3 1  
Parti du peuple (A) 6 181 23,81   5,1 0  
République (E) 4 830 18,60   5,9 0   1
Progrès (F) 639 2,46   0,8 0  
Autogouvernement (D) 333 1,28   0,4 0  
Votes valides 25 962 99,07
Votes blancs et nuls 244 0,93
Total 26 206 100 - 2  
Abstentions 11 053 29,67
Inscrits / participation 37 259 70,33

Formation d'un gouvernementModifier

Le 6 juin 2019, le Premier ministre Lars Løkke Rasmussen remet sa démission à la reine Margrethe II, lui permettant ainsi de confier la formation d'un nouveau gouvernement à Mette Frederiksen, présidente de Social-démocratie[17].

Le 27 juin 2019, elle parvient à former un gouvernement minoritaire social-démocrate, avec l'appui du Parti social-libéral, du Parti populaire socialiste et de la Liste de l'unité.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Ces partis n'ont pas passé le seuil électoral de 2%.

RéférencesModifier