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Élections législatives cambodgiennes de 1998

Les élections législatives cambodgiennes de 1998 ont permis le renouvellement des 122 membres de l'Assemblée nationale élue en 1993. Ce sont les premières élections législatives à se tenir dans ce pays depuis l'instauration de la monarchie constitutionnelle.

Élections législatives cambodgiennes de 1998
Les 122 sièges de l'Assemblée nationale.
26 juillet 1998
Hun Sen.jpg Parti du peuple cambodgien – Hun Sen
Voix 2 030 802
39,29 %
Sièges obtenus 64
Ranariddh 1990s.jpg FUNCINPEC – Norodom Ranariddh
Voix 1 554 374
30,07 %
Sièges obtenus 43
Sam rainsy.png Parti Sam Rainsy – Sam Rainsy
Voix 699 653
13,54 %
Sièges obtenus 15
Répartition des sièges à l'Assemblée nationale
Diagramme
Premier ministre
Sortant Élu
Ung Huot
FUNCINPEC
Hun Sen
Parti du peuple cambodgien

Les élections suivantes ont eu lieu en 2003.

Sommaire

ContexteModifier

La précampagne est marquée par une crise, à la mi 1997, entre le Parti du peuple cambodgien et le FUNCINPEC, les deux partis au pouvoir, qui se solde par l’exil forcé de Norodom Ranariddh, dirigeant de la formation royaliste et chef du gouvernement. Finalement, sous la pression de la communauté internationale, le prince pourra revenir et prendre part à la campagne[1].

Peu après, trois lois sont votées pour préparer ces élections qui doivent démontrer aux pays donateurs que les institutions qu’ils ont contribué à mettre en place fonctionnent. Il s’agit de la loi du 18 novembre 1997 sur les partis politiques, la loi électorale du 26 décembre 1997 et celle du 8 avril 1998 sur l’organisation et le fonctionnement du Conseil constitutionnel[2].

RésultatsModifier

Lors des élections législatives du , le PPC ou Pracheachon (Parti du peuple cambodgien) a remporté 39,29 % des voix, et obtenu 64 sièges sur les 122 qui composent l'Assemblée nationale. Le FUNCINPEC (Front uni national pour un Cambodge indépendant, neutre, pacifique et coopératif, conduit par le prince Norodom Ranariddh, Premier ministre sortant) a recueilli 30,07 % des voix, et obtient 43 sièges. Le PSR (Parti Sam Rainsy) (Sam Rainsy), obtient 13,54 % des voix et 15 sièges.

Résultats[3]
Parti Voix  % Sièges
Parti du peuple cambodgien (PPC) 2 030 802 39,29 64
FUNCINPEC 1 554 374 30,07 43
Parti Sam Rainsy (PSR) 699 653 13,54 15
Parti démocrate cambodgien 89 999 1,74 -
Parti du soutien à la nation cambodgienne 71 105 1,36 -
Parti libéral démocrate pour le salut national 46 420 0,90 -
Parti Son Sann 45 844 0,89 -
Parti Reastr Niyum 37 309 0,72 -
Parti libéral bouddhique 32 957 0,64 -
Parti Khmer Angkor 26 482 0,51 -
Parti des citoyens khmers 23 707 0,46 -
Parti de l'unité cambodgienne 19 234 0,37 -
Parti pour sauver les droits des femmes cambodgiennes 18 885 0,36 -
Parti des agriculteurs 15 596 0,30 -
Parti de la nouvelle société 15 065 0,29 -
Parti de la coalition républicaine 14 915 0,29 -
Parti démocrate libéral 14 086 0,28 -
Parti démocrate de la ruche sociale 13 951 0,27 -
Parti républicain du développement libre 13 781 0,27 -
Parti de la solidarité nationale 13 043 0,25 -
Parti de l'unification nationale 11 888 0,23 -
Parti du développement national 10 450 0,20 -
Parti lumière de la liberté 10 026 0,19 -
Parti neutre cambodgien 8 461 0,16 -
Mouvement pour la libération nationale du Kampuchéa (MOLINAKA) 8 396 0,16 -
Parti nationaliste cambodgien 7 522 0,15 -
Parti de l'État de droit, de la nation et des femmes 6 216 0,12 -
Parti de la construction nationale 5 830 0,11 -
Parti Nokor Chum 5 318 0,10 -
Parti de la femme cambodgienne Neang Neak 5 076 0,09 -
Parti du Cambodge libre indépendant et démocratique 3 938 0,08 -
Parti d'un Cambodge neutre et démocratique 3 870 0,07 -
Parti de la nouvelle vie cambodgienne 3 830 0,07 -
Parti des femmes cambodgiennes 3 300 0,06 -
Parti du développement agricole cambodgien 3 192 0,06 -
Parti d'un Cambodge nouveau 3 156 0,06 -
Parti républicain libre 1 654 0,03 -
Parti des enfants cambodgiens 1 603 0,03 -
Parti khmer du progrès 1 554 0,03 -

ConséquencesModifier

Le FUNCINPEC perd sa position de parti majoritaire au profit du PPC, mais ce dernier ne dispose pas pour autant de la majorité des deux tiers nécessaires pour introniser seul le nouveau gouvernement et choisir le président de l’Assemblée nationale qui occupe la position de chef de l’État par intérim quand le roi ne peut remplir ses fonctions. Des tractations sont entreprises avec la formation royaliste, seule à même de pouvoir contribuer à assurer le quorum. Un sénat est créé dont la présidence revient à Chea Sim, membre du PPC et précédent président de l’Assemblée nationale, qui cède cette charge au prince Norodom Ranariddh mais conserve celle de chef de l’État par intérim. La création de nouveaux postes à responsabilité que permet cette nouvelle institution et que se partagent les dignitaires des deux partis de la coalition gouvernementale a contribué à finaliser cet accord[4].

Notes et référencesModifier

  1. Marie-Sybille de Vienne et Alain Forest (dir.), Cambodge contemporain, Les Indes savantes, , 525 p. (ISBN 9782846541930), partie 2, chap. 4 (« Le Cambodge entre intégration et désintégration »), p. 265-266
  2. Jean-Marie Crouzatier, Transitions politiques en Asie du Sud-Est : les institutions politiques et juridictionnelles du Cambodge, Toulouse, Presses de l'Université Toulouse 1 Capitole, , 182 p. (ISBN 9782361701048, présentation en ligne), partie II, chap. 3 (« Un régime politique ambigu - Un parlementarisme déséquilibré »), p. 127
  3. CHHORN Sopheap - Les élections législatives au Cambodge depuis 1993 - Université Lumière Lyon 2 - Faculté de Droit et Science politique, 12 janvier 2004
  4. Philippe Richer, Le Cambodge de 1945 à nos jours, Presses de Sciences Po, coll. « Sciences Po Mondes », , 213 p. (ISBN 9782724611182, présentation en ligne), chap. 4 (« Le dernier acte de la tragédie ? »), p. 106-107