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Élections législatives autrichiennes de 2013

Élections législatives autrichiennes de 2013
183 sièges du Conseil national
(Majorité absolue : 92 sièges)
Type d’élection élection parlementaire
Corps électoral et résultats
Inscrits 6 384 308
Votants 4 782 410
74,91 %  −3,9
Portrait Werner Faymann (2722260630).jpg SPÖ – Werner Faymann
Voix 1 258 605
26,82 %
 −2,4
Sièges obtenus 52  −5
HBM Spindelegger1.jpg ÖVP – Michael Spindelegger
Voix 1 125 876
23,99 %
 −2
Sièges obtenus 47  −4
Strache4-2.jpg FPÖ – Heinz-Christian Strache
Voix 962 313
20,51 %
 +3
Sièges obtenus 40  +6
Eva Glawischnig Sankt Poelten 20080911b.jpg Grünen – Eva Glawischnig
Voix 582 657
12,42 %
 +2
Sièges obtenus 24  +4
Frank Stronach.jpg TS – Frank Stronach
Voix 268 679
5,73 %
 +5,7
Sièges obtenus 11  +11
Matthias Strolz 20130516 cropped.jpg NEOS – Matthias Strolz (de)
Voix 232 946
4,96 %
 +5
Sièges obtenus 9  +9
Résultats par Land et par district
Carte
XXVe législature du Conseil national
Diagramme
Chancelier fédéral
Sortant Élu
Werner Faymann
SPÖ
Werner Faymann
SPÖ

Les élections législatives autrichiennes de 2013 (en allemand : Nationalratswahl in Österreich 2013) se sont tenues le , afin d'élire les 183 députés de la 25e législature du Conseil national pour un mandat de cinq ans.

Le scrutin est remporté par le Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ), qui dirige le gouvernement fédéral depuis sept ans et réalise à cette époque son plus mauvais résultat depuis . Le chancelier fédéral Werner Faymann assure son maintien au pouvoir en reconduisant la grande coalition qu'il constitue avec le Parti populaire autrichien (ÖVP).

Sommaire

Contexte : la grande coalitionModifier

Aux élections législatives anticipées du , le Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ), longtemps le plus grand parti du pays et revenu à la tête du gouvernement en , remporte 29,3 % des voix, le plus mauvais score de son histoire. Il reste toutefois la première formation politique autrichienne avec 57 députés sur 183.

Son partenaire de coalition de l'époque, le Parti populaire autrichien (ÖVP), connaît les mêmes difficultés. Il tombe à 26 % des suffrages, pire encore que son plus bas historique de 26,9 %, atteint en et se contente alors de 51 parlementaires.

Ensemble, les deux partis au pouvoir disposent cependant d'une majorité encore confortable avec de 108 sièges au Conseil national, soit 26 de moins qu'au cours de la législature précédente.

Ils étaient suivis par le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), la principale formation d'extrême droite. Il reçoit 17,5 % des voix et 34 élus. Derrière lui arrive l'Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ), fondée en par des dissidents modérés du FPÖ qui souhaitaient alors maintenir la coalition qu'ils formaient avec l'ÖVP. Rassemblant 10,7 % des suffrages et 21 parlementaires, la BZÖ passe de justesse devant devant Les Verts - L'Alternative verte (Grünen), qui totalisent 10,4 % des voix et 20 sièges.

Alors qu'aucune majorité ne se dégage réellement, le Parti social-démocrate et le Parti populaire entreprennent de négocier en vue de reconstituer une « grande coalition ». Ce sont pourtant leurs désaccords, notamment sur la politique européenne, qui ont conduit à la tenue de ce scrutin anticipé. À cette occasion, l'ÖVP remplace son président et vice-chancelier sortant Wilhelm Molterer par le ministre fédéral de l'Agriculture Josef Pröll. Les discussions s'avèrent concluantes et le nouveau gouvernement est nommé dès le . Le ministre fédéral des Transports et président fédéral du SPÖ Werner Faymann est ainsi désigné chancelier fédéral, avec Pröll comme adjoint et ministre fédéral des Finances.

L'élection présidentielle du est marquée par l'absence de candidat du Parti populaire. Le président fédéral Heinz Fischer, soutenu par le Parti social-démocrate dont il a été membre avant son élection à la tête de l'État, est réélu dès le premier tour avec plus de 73 % des suffrages exprimés. Il défait largement la candidate du FPÖ Barbara Rosenkranz, tandis que la participation atteint 53,6 % des inscrits.

Josef Pröll annonce le qu'il démissionne de l'ensemble de ses fonctions pour raisons de santé. L'ÖVP en profite pour réaliser un remaniement ministériel touchant ses représentants au sein du cabinet fédéral. Le ministre fédéral des Affaires étrangères Michael Spindelegger le remplace alors à la tête du parti et comme adjoint au chef du gouvernement, tandis que Maria Fekter prend sa suite au ministère fédéral des Finances.

Au cours des élections législatives régionales du , le SPÖ s'impose avec 37,1 % des voix dans le Land de Carinthie, fief de feu la figure tutélaire de l'extrême droite Jörg Haider et du FPÖ[1].

Mode de scrutinModifier

 
Carte des neuf Länder.

L'Autriche est une république parlementaire dotée d'un Parlement bicaméral.

Sa chambre basse, le Conseil national (en allemand : Nationalrat), est composée de 183 députés élus pour cinq ans selon un mode de scrutin proportionnel de liste bloquées dans neuf circonscriptions, qui correspondent aux Länder, à raison de 7 à 36 sièges par circonscription selon leur population. Elles sont ensuite subdivisées en un total de 43 circonscriptions régionales.

Le seuil électoral est fixé à 4 % ou un siège d'une circonscription régionale. La répartition se fait à la méthode de Hare au niveau régional puis suivant la méthode d'Hondt au niveau fédéral.

Bien que les listes soit bloquées, interdisant l'ajout de noms n'y figurant pas, les électeurs ont la possibilité d'exprimer une préférence pour un maximum de trois candidats, permettant à ces derniers d'être placés en tête de liste pour peu qu'ils totalisent un minimum de 14 %, 10 % ou 7 % des voix respectivement au niveau régional, des Länder, et fédéral. Le vote, non obligatoire, est possible à partir de l'âge de 16 ans[2].

CampagneModifier

Partis et têtes de listeModifier

Parti Idéologie Tête de liste Score en 2008
Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ)
Sozialdemokratische Partei Österreichs
Centre gauche
Social-démocratie, progressisme
Werner Faymann
(Chancelier fédéral)
29,3 % des voix
57 députés
Parti populaire autrichien (ÖVP)
Österreichische Volkspartei
Centre droit
Démocratie chrétienne, conservatisme, libéralisme
Michael Spindelegger
(Vice-chancelier)
26,0 % des voix
51 députés
Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ)
Freiheitliche Partei Österreichs
Extrême droite
Nationalisme, conservatisme, populisme
Heinz-Christian Strache 17,5 % des voix
34 députés
Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ)
Bündnis Zukunft Österreich
Extrême droite
Conservatisme, libéralisme, populisme
Josef Bucher 10,7 % des voix
21 députés
Les Verts - L'Alternative verte (Grüne)
Die Grünen – Die Grüne Alternative
Centre gauche
Écologie, progressisme
Eva Glawischnig-Piesczek 10,4 % des voix
20 députés
Team Stronach (TS)
Team Stronach für Österreich
Droite
Euroscepticisme, libéralisme, populisme
Frank Stronach Parti créé en 2012

SondagesModifier

Agence/Source Date SPÖ ÖVP FPÖ Verts Stronach BZÖ NEOS
Gallup/Neos.eu 2013-09-23 27 % 23 % 21 % 14 % 6 % 3 % 4 %
OGM/Kurier 2013-09-21 27 % 22 % 21 % 14 % 6 % 4 % 4 %
Market/Der Standard 2013-09-20 26 % 23 % 19 % 15 % 7 % 4 % 3 %
Gallup/Österreich 2013-09-20 27 % 23 % 20 % 14 % 7 % 2.5 % 3.5 %
Karmasin/Heute 2013-09-20 27 % 23 % 21 % 14 % 7 % 2 % 3 %
Hajek/ATV 2013-09-19 27 % 23 % 20 % 15 % 7 % 3 % 3 %
Meinunungsraum/Neos.eu 2013-09-19 28 % 24 % 19 % 15 % 7 % 2 % 4 %
Market/Standard 2013-09-15 26 % 22 % 20 % 15 % 9 % 3 % 2 %
Spectra/Oberösterreichische Nachrichten 2013-09-14 26 % 23 % 20 % 13 % 9 % 4 % 1,5 %
Karmasin/Profil 2013-09-14 28 % 25 % 20 % 15 % 6 % 2 % 3 %
Gallup/Österreich 2013-09-13 28 % 25 % 20 % 15 % 7 % 1 % 3 %
Gallup/Österreich 2013-09-06 28 % 24 % 19 % 15 % 8 % 2 % 2 %
OGM/Kurier 2013-08-31 27 % 24 % 20 % 15 % 7 % 3 % 2 %
Karmasin/Profil 2013-08-31 28 % 24 % 20 % 15 % 7 % 2 % 1 %
Market/Standard 2013-08-30 26 % 22 % 19 % 16 % 9 % 3 % 2 %
Gallup/Österreich 2013-08-30 28 % 23 % 19 % 15 % 9 % 2 % 2 %
Meinungsraum/NEWS 2013-08-29 27 % 24 % 19 % 14 % 8 % 2 % 3 %
Spectra/Vorarlberger Nachrichten 2013-08-24 27 % 25 % 19 % 14 % 7 % 3 % -
Gallup/Österreich 2013-08-23 28 % 24 % 18 % 15 % 9 % 2 % 2 %
Karmasin/Heute 2013-08-23 28 % 25 % 20 % 15 % 7 % 1 % 2 %
Market/Standard 2013-08-15 26 % 24 % 18 % 15 % 9 % 3 % 2 %
IMAS/Kronen Zeitung 2013-08-10 27 % 25 % 20 % 13 % 9 % 3 % -
Karmasin/Profil 2013-08-10 28 % 25 % 18 % 16 % 7 % 3 % -
Gallup/Österreich 2013-08-09 28 % 25 % 17 % 16 % 8 % 2 % 2 %
Meinungsraum/Neos.eu 2013-08-08 26 % 24 % 20 % 13 % 9 % 2 % -

RésultatsModifier

Résultats nationauxModifier

Parti Suffrages Députés
Voix % Sièges +/-
Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ) 1 258 605 26,82 52   5
Parti populaire autrichien (ÖVP) 1 125 876 23,99 47   4
Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) 962 313 20,51 40   6
Les Verts - L'Alternative verte (Grüne) 582 657 12,42 24   4
Team Stronach (TS) 268 679 5,73 11 Nv
NEOS - La Nouvelle Autriche (NEOS) 232 946 4,96 9 Nv
Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) 165 746 3,53 0   21
Parti communiste (KPÖ) 48 175 1,03 0   0
Parti pirate 36 265 0,77 0 Nv
Autres partis (5) 11 645 0,25 0 -
Suffrages exprimés 4 692 907 98,13
Votes blancs et invalides 89 503 1,87
Total 4 782 410 100 183 -
Abstentions 1 601 898 25,09
Nombre d'inscrits / participation 6 384 308 74,91

Résultats par LänderModifier

Land SPÖ ÖVP FPÖ Grünen TS NEOS BZÖ
% +/- % +/- % +/- % +/- % +/- % +/- % +/-
  Basse-Autriche 27,6   2,8 30,6   1,6 18,8   0,7 9,6   1,5 4,7 Nv 4,5 Nv 2,7   3,7
  Burgenland 37,3   2,8 26,8   2,3 17,4   1,2 6,8   1,1 5,9 Nv 2,8 Nv 2,0   3,3
  Carinthie 32,4   4,3 15,2   0,7 17,9   10,3 11,8   4,9 6,9 Nv 3,7 Nv 10,8   27,7
  Haute-Autriche 27,2   3,3 25,4   1,4 21,4   2,4 12,2   2,2 4,8 Nv 3,4 Nv 3,5   5,6
  Salzbourg 23,0   0,8 26,7   2,4 21,2   3,6 14,8   3,0 5,2 Nv 4,6 Nv 3,2   9,0
  Styrie 23,8   5,5 20,9   5,2 24,0   6,7 10,6   2,1 10,0 Nv 3,9 Nv 3,9   9,3
  Tyrol 18,3   0,3 32,3   1,2 19,4   2,4 15,2   4,1 5,6 Nv 4,9 Nv 3,0   6,7
  Vienne 31,6   3,1 14,5   2,2 20,6   0,1 16,4   0,5 3,9 Nv 7,6 Nv 2,4   2,4
  Vorarlberg 13,1   1,0 26,3   5,0 20,2   4,1 17,0   0,2 5,3 Nv 13,1 Nv 2,4   10,4

AnalyseModifier

Alors que le SPÖ et l'ÖVP réalisent leurs plus mauvais résultats depuis 1945, le FPÖ est en progression et les Verts réalisent le meilleur score de leur histoire[3].

ConséquencesModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Autriche : l'extrême droite perd le fief de Jörg Haider en Carinthie », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 17 mai 2016).
  2. « AUTRICHE Nationalrat (Conseil national) », sur www.ipu.org (consulté le 29 septembre 2017).
  3. « Forte progression de l'extrême droite aux élections législatives », Le Monde,‎ , p. 5.

Voir aussiModifier