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Élections législatives autrichiennes de 2008

Élections législatives autrichiennes de 2008
183 sièges du Conseil national
(Majorité absolue : 92 sièges)
Type d’élection législatives
Corps électoral et résultats
Votants 4 990 952
78,82 %  +0,3
Votes blancs 103 643
Werner Faymann Wien08-2008a.jpg SPÖ – Werner Faymann
Voix 1 430 206
29,26 %
 −6,1
Sièges obtenus 57  −11
Wilhelm Molterer 20080908h.jpg ÖVP – Wilhelm Molterer
Voix 1 269 656
25,98 %
 −8,4
Sièges obtenus 51  −15
Strache8.jpg FPÖ – Heinz-Christian Strache
Voix 857 029
17,54 %
 +6,5
Sièges obtenus 34  +13
Jörg Haider 28082008.jpg BZÖ – Jörg Haider
Voix 522 933
10,70 %
 +6,6
Sièges obtenus 21  +14
Alexander Van der Bellen1.jpg Grünen – Alexander Van der Bellen
Voix 509 936
10,43 %
 −0,6
Sièges obtenus 20  −1
Parti en tête par district.
Carte
XXIVe législature du Conseil national
Diagramme
Chancelier fédéral
Sortant Élu
Alfred Gusenbauer
SPÖ
Werner Faymann
SPÖ

Les élections législatives autrichiennes de 2008 (en allemand : Nationalratswahl in Österreich 2008) se sont tenues le . La participation a atteint 78,49 % des inscrits. Elles se tiennent deux ans avant la fin normale de la législature. Ces élections anticipées sont dues aux désaccords entre le Parti social-démocrate (SPÖ) et le Parti populaire (ÖVP), qui formaient, depuis les élections de 2006, un gouvernement de grande coalition. Pour la première fois pour des élections nationales, l'âge légal du vote est de 16 ans.

ContexteModifier

La grande coalition menée par le social-démocrate Alfred Gusenbauer a, depuis sa création en 2006, toujours été chancelante. En plus des réticences de l'aile gauche du SPÖ (lors des négociations pour la formation du gouvernement, les sociaux-démocrates ont dû faire une croix sur certaines promesses de campagnes), le gouvernement Gusenbauer a dû faire face à une double opposition : Les Verts - L'Alternative verte sur sa gauche et le FPÖ et le BZÖ sur sa droite. Les élections régionales au Tyrol le ont été marquées par l'apparition du Forum citoyen, groupe social-chrétien dissident mené par le syndicaliste Fritz Dinkhauser, qui s'est placé en seconde place, grâce à sa critique du gouvernement fédéral. Enfin, le SPÖ a connu une importante crise interne, qui a conduit au remplacement d'Alfred Gusenbauer par Werner Faymann (ministre des infrastructures sortant) à la tête du parti.

Le , Alfred Gusenbauer et Werner Feymann font savoir dans le tabloïd Kronen Zeitung, qu'ils sont partisans du référendum pour les grandes questions de l'UE, telles que le Traité de Lisbonne et l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Ce communiqué de presse mettra un point d'arrêt à la grande coalition, en effet, l'ÖVP n'avait pas été mis au courant de la publication, de plus celle-ci a été très mal perçue, puisque le tabloïd Kronen Zeitung est connu pour ses campagnes eurosceptiques. Le 7 juillet, le chef du Parti populaire, Wilhelm Molterer, fait savoir lors d'une conférence de presse, que son parti ne souhaite plus continuer à gouverner avec les sociaux-démocrates, et demande des élections anticipées. Les raisons évoquées sont le positionnement du SPÖ sur la construction européenne et le duel à sa tête.

Le 9 juillet, l'ensemble des partis représentés au Conseil national présente une résolution pour fixer de nouvelles élections législatives au 28 septembre.

Mode de scrutinModifier

 
Carte des neuf Länder.

L'Autriche est une république semi-présidentielle dotée d'un parlement bicaméral[1].

Sa chambre basse, le Conseil national (en allemand : Nationalrat), est composée de 183 députés élus pour cinq ans selon un mode de scrutin proportionnel de liste bloquées dans neuf circonscriptions, qui correspondent aux Länder, à raison de 7 à 36 sièges par circonscription selon leur population. Elles sont ensuite subdivisées en un total de 43 circonscriptions régionales.

Le seuil électoral est fixé à 4 % ou un siège d'une circonscription régionale. La répartition se fait à la méthode de Hare au niveau régional puis suivant la méthode d'Hondt au niveau fédéral.

Bien que les listes soit bloquées, interdisant l'ajout de noms n'y figurant pas, les électeurs ont la possibilité d'exprimer une préférence pour un maximum de trois candidats, permettant à ces derniers d'être placés en tête de liste pour peu qu'ils totalisent un minimum de 14 %, 10 % ou 7 % des voix respectivement au niveau régional, des Länder, et fédéral. Le vote, non obligatoire, est possible à partir de l'âge de 16 ans[2].

Partis en liceModifier

Partis parlementairesModifier

Parti social-démocrate d'AutricheModifier

Le SPÖ sera conduit par le ministre sortant des infrastructures, Werner Faymann et non par le chancelier sortant, Alfred Gusenbauer. Les sociaux-démocrates ont d'ores et déjà annoncé qu'ils ne formeraient pas de coalition avec le FPÖ, mais qu'ils étaient par contre ouverts à une nouvelle grande coalition, à la condition que le vice-chancelier sortant, et chef de file des conservateurs, Wilhelm Molterer n'en fasse pas partie. Enfin certains sociaux-démocrates de Carinthie, notamment le maire de Villach, Helmut Manzenreiter, se sont déclarés favorables à une coalition avec le FPÖ, bien que l'électorat du SPÖ y soit très hostile.

Le président autrichien, également membre du SPÖ, s'est déclaré ouvert à une coalition gouvernementale tripartite, ainsi qu'à un gouvernement minoritaire. Ces deux types de gouvernement n'ont encore jamais existé en Autriche, mais semblent inévitables après les élections de septembre.

Parti populaire autrichienModifier

Les chrétiens-démocrates se présenteront aux urnes avec, à leur tête, le vice-chancelier sortant et chef de l'ÖVP, Wilhelm Molterer. Une majorité d'entre eux est partisan d'un gouvernement tripartite, à la place d'une nouvelle grande coalition, sans pour autant préciser avec quels partis. Toutefois, ils préféreraient une alliance avec les Verts, plutôt qu'avec l'extrême droite, du fait des positions eurosceptiques du FPÖ et du BZÖ.

L'ancien chancelier Wolfgang Schüssel a, quant à lui, fait savoir qu'il s'opposait à une alliance avec le SPÖ de Faymann, si celui-ci n'opérait pas un changement idéologique (umdenken). Enfin, certains membres se sont déclarés favorables à une coalition avec le FPÖ, ou encore à un gouvernement minoritaire.

Les Verts - l'Alternative verteModifier

Alexander Van der Bellen, président des Verts depuis 1997, en sera une fois encore la tête de liste. Les écologistes ont d'ores et déjà fait savoir qu'ils refuseraient de faire partie d'un gouvernement avec l'extrême droite, ainsi que, dans une moindre mesure avec les conservateurs et le Forum citoyen. Une coalition avec le SPÖ est, quant à elle, plus probable, les deux partis ayant des positions relativement proches. Dès le début de la campagne, Van der Bellen a critiqué le contenu xénophobe d'une des affiches de l'ÖVP, et a ainsi écarté toute coalition possible avec les conservateurs.

D'après les sondages, une coalition rouge-verte, ou noire-verte, est pour le moment impossible. La seule possibilité actuellement pour les Verts, de participer à un gouvernement, est une coalition tripartite.

Parti autrichien de la libertéModifier

Le Parti de la liberté d'Autriche est mené par Heinz-Christian Strache, qui s'est montré très critique vis-à-vis des élections anticipées, et du coût financier de leur organisation. Le FPÖ n'a pour le moment exclu explicitement aucune coalition, même s'il prétend que l'ÖVP tente de le « tuer » et que le SPÖ a pour objectif de le marginaliser. Strache a déclaré qu'il ne souhaitait plus travailler avec Faymann et Molterer, et qu'il espérait que ces deux-là soient mis hors-jeu lors des élections. Strache et ses troupes se sont fixé pour but de redevenir le troisième parti d'Autriche et d'être en mesure la majorité des deux-tiers du SPÖ et de l'ÖVP.

Alliance pour le futur de l'Autriche.Modifier

Lorsque la grande coalition implose, le BZÖ est au plus mal dans les sondages, et son président Peter Westenthaler est condamné pour faux témoignage au procès d'un de ses gardes du corps accusé d'avoir molesté l'assistant d'une ex-ministre démissionnaire du parti en représailles à sa défection. Jörg Haider se décide donc à diriger lui-même la campagne de son parti sous le nom Liste Jörg Haider-BZÖ ; le slogan est « Liste Haider, choisissez l'original ». Les sondages le créditent de 7 % des intentions de vote. Il effectue pourtant un véritable bond en avant, obtenant 11 % des voix et 21 députés, devant les Verts. Le FPÖ obtient lui 17 % des voix. Les deux partis, réunis, seraient donc la deuxième force politique autrichienne. Des tractations s'ouvrent entre Haider et Strache, mais le chef du BZÖ trouve la mort le 11 octobre dans un accident de la route.

SondagesModifier

Partis parlementaires uniquement
Agences Date SPÖ ÖVP GRÜNE FPÖ BZÖ Autres
OGM 33 33 14 16 4
market 27 33 14 21 3 2
Fessel-GfK 28 35 14 20 3
market 26 33 14 22 4 1
Gallup 27 32 16 19 4 2
OGM 30 33 14 18 3 2
Humaninstitut 25 28 11 19 2 15
Gallup 27 30 16 19 5
IMAS 25 29 15 18 6
IMAS 27–29 27–29 12–14 17–19 6–8 7–9
Partis extra-parlementaires inclus
Agence Date SPÖ ÖVP GRÜNE FPÖ BZÖ LIF FRITZ KPÖ Autres MATIN SKÖ
Gallup 21 23 14 18 5 2 7 2 2 (4) 2
Integral 28 31 14 16 4 5 2 #
Gallup 24 26 16 19 5 2 6
IMAS 24 29 15 20 4 5
Gallup 25 29 14 15 7 4 6
OGM 25 30 13 17 4 4 5 2
Gallup 23 26 15 17 7 5 7
Fessel-GfK 25 29 12–13 17–18 2–3 3–4 4–5
market 26 29 14 20 3 3 4
Gallup 26 26 14 19 6 3 6
Gallup 27 28 15 17 5 3 5
OGM 26 31 13 17 4 4 4
market 26 27 14 20 5 3 4 1
market 26 27 14 20 5 3 4 1
Gallup 25 26 15 18 6 4 4

# S'est retiré à cette date.

Le futur chancelier
Agence Date Faymann (SPÖ) Molterer (ÖVP) Van der Bellen (GRÜNE) Strache (FPÖ) Haider (BZÖ)
market 26 29
Gallup 40 31
OGM 19 18 10 11 3*
Gallup 38 31
Gallup 39 30
Gallup 42 23
Gallup 45 26
Gallup 40 27
OGM 22 19 12 8 6
Gallup 42 25

* Jörg Haider a remplacé Westenthaler le 13 juillet.

RésultatsModifier

ProjectionsModifier

Résultats provisoires avant publications des résultats définitifs le lendemain.

Agence Heure Votes comptés SPÖ ÖVP Verts FPÖ BZÖ LIF FRITZ KPÖ RETTÖ DC Autres
ARGE Wahlen 14:00 5 % 29 24 10 19 10 2 2 4
SORA 15:00 15 % 28,2 25,2 10,5 18,0 11,9 6,2
SORA 17:00 40 % 28,6 25,1 10,5 17,9 11,9 1.9 1,8 2,3
SORA 17:30 48 % 28,8 25,2 10,4 17,9 11,7 1,9 1,8 2,3
SORA 18:00 58 % 29,8 25,7 10,0 18,0 10,9 1,9 1,6 2,2
SORA 18:30 71 % 29,8 25,6 9,8 18,0 11,0 1,8 1,8 2,2
SORA 19:00 81 % 29,8 25,7 9,8 18,0 10,9 1,8 1,8 2,2

Résultats officielsModifier

Résultats officiels publiés par le ministère de l'Intérieur[3]
Partis
politiques
Votes Sièges
# % +/- # +/-
Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ) 1 316 091 29,7   5,6 58   10
Parti populaire autrichien (ÖVP) 1 134 837 25,6   8,7 50   16
Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) 797 993 18,0   7,0 35   14
Alliance pour l'avenir de l'Autriche (BZÖ) 486 397 11,0   6,9 21   14
Les Verts - L'Alternative verte (Grünen) 433 810 9,8   1,2 19   2
Forum libéral (LIF) 84 764 1,9 - 0 -
Forum citoyen (FRITZ) 78 119 1,8 - 0 -
Autres 98 138 2,1 - 0 -
Total 4 990 952 100% - 183 -

Résultats par ÉtatModifier

État SPÖ ÖVP FPÖ BZÖ Grünen Autres scores importants
% +/- % +/- % +/- % +/- % +/- Parti %
  Basse-Autriche 30,4   5,8 32,2   7,0 18,1   8,5 6,3   4,0 8,1   0,9
  Burgenland 40,1   4,9 29,1   7,0 16,2   7,5 5,3   3,6 5,7   0,1
  Carinthie 28,1   7,3 14,6   6,6 7,6   0,4 38,5   13,6 6,9   0,6
  Haute-Autriche 30,5   5,6 26,8   8,4 19,0   6,8 9,1   6,5 9,9   0,3
  Salzbourg 23,8   4,7 29,1   10,1 17,7   5,4 12,2   9,1 11,8   0,7
  Styrie 29,3   7,9 26,2   11,3 17,3   6,9 13,2   10,0 8,5   0,6
  Tyrol 18,0   5,2 31,1   12,7 17,0   6,2 9,7   6,4 11,1   1,9 FRITZ 8,7
  Vienne 34,8   6,2 16,7   5,1 20,4   6,5 4,7   2,9 16,0   1,4 LIF 4,2
  Vorarlberg 14,1   4,4 31,3   10,7 16,1   5,2 12,8   9,6 17,2   0,8

Notes et référencesModifier