Élections législatives andorranes de 2019

Élections législatives andorranes de 2019
28 sièges du Conseil général
Corps électoral et résultats
Inscrits 27 278
Votants 18 638
68,33 %  +2,7
Xavier Espot Zamora Andorra Estònia (cropped).jpg Démocrates pour Andorre – Xavier Espot Zamora
Voix 6 248
35,13 %
 −1,9
Sièges obtenus 11  −4
Pere López Agràs 2017.jpg Parti social-démocrate – Pere López Agràs
Voix 5 445
30,62 %
 +7,1
Sièges obtenus 7  +4
Jordi Gallardo (retallat).png Libéraux d'Andorre – Jordi Gallardo Fernàndez
Voix 2 219
12,48 %
 −15,2
Sièges obtenus 4  −4
Josep Pintat Forne.png Troisième voie – Josep Pintat Forne
Voix 1 853
10,42 %
 +10,4
Sièges obtenus 4  +4
Composition de l'assemblée élue
Diagramme
Chef du gouvernement d'Andorre
Sortant Élu
Antoni Martí
DA
Xavier Espot Zamora
DA

Les élections législatives andorranes de 2019 ont eu lieu le afin de renouveler les 28 députés du Conseil général de l'Andorre.

Le scrutin donne lieu à un parlement sans majorité, le parti Démocrates pour Andorre perdant sa majorité absolue des sièges malgré son maintien en tête des suffrages avec un léger recul. Le scrutin est par ailleurs marqué par un nombre record de partis en lice ainsi que de ceux ayant obtenu un siège, dans le contexte plus large d'une crise économique du pays face à la remise en question de son statut de paradis fiscal et douanier.

Les Démocrates pour Andorre parviennent à conserver le pouvoir en formant un gouvernement de coalition avec les Libéraux d'Andorre et Troisième voie. Xavier Espot Zamora remplace Antoni Martí au poste de Chef du gouvernement d'Andorre.

Mode de scrutinModifier

L'Andorre est doté d'un parlement unicaméral, le Conseil général, composé de 28 sièges pourvus tous les quatre ans au suffrage universel direct, dont la moitié au scrutin majoritaire plurinominal dans sept circonscriptions électorales de deux sièges chacune correspondant aux paroisses du pays. Les quatorze sièges restants sont pourvus au scrutin proportionnel plurinominal à liste fermée dans une unique circonscription nationale, la répartition se faisant après décompte des voix selon la méthode dite du plus fort reste. Les électeurs ont ainsi à remplir deux bulletins de vote séparés, dans le cadre d'un scrutin parallèle. Les candidats figurant sur une liste paroissiale ne peuvent figurer sur celle nationale[1].

Forces en présenceModifier

Le gouvernement sortant est mené par Antoni Martí, dont le parti Démocrates pour Andorre a remporté la majorité absolue au Conseil général lors des élections précédentes en 2015 avec 15 sièges sur 28. La constitution limitant à deux le nombre de mandats complets effectués par un premier ministre, le conseil nouvellement élu devra choisir un nouveau premier ministre pour succéder à Antoni Martí.

Listes nationalesModifier

Parti Positionnement Tête de liste Résultats en 2015
Démocrates pour Andorre
Demòcrates per Andorra
Centre droit
Libéralisme, libéral-conservatisme
Xavier Espot Zamora 37,03 % des voix
15 sièges
Libéraux d'Andorre
Liberals d'Andorra
Centre droit
Libéralisme
Jordi Gallardo Fernàndez 27,68 % des voix
8 sièges[N 1]
Démocratie sociale et progrès
Socialdemocràcia i Progrés
Centre gauche
Social-démocratie Social-libéralisme
Josep Roig Carcel 11,74 % des voix
2 sièges
Parti social-démocrate
Partit Socialdemòcrata
Centre gauche
Social-démocratie
Pere López Agràs 23,53 % des voix
3 sièges[N 2]
Citoyens engagés
Ciutadans Compromesos
Centre
Social-libéralisme, écologisme, localisme
David Baró Riba Nouveau
Unis pour le progrès d'Andorre
Units pel Progrés d'Andorra
Centre gauche
Social-démocratie, souverainisme
Alfons Clavera Arizti Nouveau
Troisième voie
Tercara via
Droite
Conservatisme, souverainisme
Josep Pintat Forne Scission du L'A[N 3]
Andorre souveraine
Andorra Sobirana
Centre
Souverainisme, euroscepticisme
Juan Eusebio Nomen Calvet Nouveau

CampagneModifier

Les élections voient un total de huit listes s'affronter pour les 28 sièges de députés, un record dans le pays[2]. La campagne est marquée par les thèmes de la reconversion de l'économie, de la perte de souveraineté et de l'avortement[3],[4].

Économie et souverainetéModifier

Considéré comme un paradis fiscal, le pays avait subi de fortes pressions en 2015 suite à un important scandale de blanchiment d'argent par la Banca Privada d'Andorra (BPA) au profit de mafias russe et chinoise ainsi que de la compagnie pétrolière nationale du Venezuela, pour un total de plusieurs milliards de dollars[5].

L'Andorre est ainsi forcée de s'entendre avec l'Union Européenne (UE) pour lever son secret bancaire en et mettre en place un début d’impôt sur les sociétés et les particuliers. Le secteur bancaire représente alors 20 % de l'économie andorrane[5]. Le pays négocie également un accord d'association avec l'UE qui le contraindrait à un alignement fiscal avec ses voisins, en particulier sur la filière du tabac, qui représente alors 25 % des revenus nationaux, les citoyens des pays voisins se fournissant en grande quantité en cigarettes vendues à bas prix[5].

Les effets sur l'économie de l'Andorre, couplée à une réforme de la fonction publique et à la hausse des prix immobiliers provoquent une grogne sociale et d'importantes manifestations. Les oppositions libérale et socialiste s'emparent ainsi du thème de la reconversion économique dans leurs campagnes. Surfant également sur le sentiment de perte de souveraineté au profit de l'Union européenne, ils proposent de renégocier les accords, ainsi que d'assouplir les conditions d'obtention de la nationalité andorrane. Le sentiment eurosceptique mène également à l'entrée en lice de formations souverainistes[2],[5],[6].

AvortementModifier

La législation de l'Andorre n'autorise pas l'interruption volontaire de grossesse, même en cas de danger pour la santé de la mère ou de grossesse faisant suite à un viol. En pratique, les femmes sont obligées de se déplacer dans les pays voisins pour procéder à un avortement[5],[6]. Les Libéraux et les socialistes mènent campagne pour la légalisation de l'IVG, ce qui provoque une vive polémique dans le pays, notamment au sommet de l'État. L'évêque d'Urgell, co-prince d'Andorre avec le président de la République française, menace ainsi de se retirer de ses fonctions. Le gouvernement démocrate sortant s'oppose au projet, soulignant le risque d'effondrement de l'équilibre institutionnel dans le pays, et propose de le remplacer par une prise en charge financière des avortements effectués à l'étranger[5]. Les Libéraux annoncent par la suite leur intention de soumettre la question à référendum. Les partis Troisième voie, Unis pour le progrès d'Andorre et Andorre Souveraine s'opposent quant à eux à la légalisation[7].

RésultatsModifier

Résultats des législatives andorranes de 2019[8]
 
Partis Paroisses Proportionnelle Total +/-
Voix % Sièges +/- Voix % +/- Sièges
Démocrates pour Andorre DA 5 931 34,86 6   4 6 248 35,13   1,90 5 11   4
Parti social-démocrate PS 6 473 38,05 2   2 5 445 30,62   7,09 5 7   4
Libéraux d'Andorre L'A 2   2 2 219 12,48   15,20 2 4   4
Troisième voie TV 2 122 12,47 2   2 1 853 10,42   10,42 2 4   4
Citoyens engagés CC 1 136 6,69 2   2 2   2
Démocratie sociale et progrès SDP 1 280 7,54 0   1 044 5,87   5,87 0 0   2
Andorre souveraine AS 71 0,42 0   825 4,64   4,64 0 0  
Unis pour le progrès d'Andorre UPA 149 0,84   0,84 0 0  
Suffrages exprimés 16 977 91,35 17 783 95,41
Votes blancs 1 168 6,28 531 2,85
Votes nuls 441 2,37 324 1,74
Total 18 586 100 14   18 638 100 - 14 28  
Abstentions 8 692 31,86 8 640 31,67
Inscrits / participation 27 278 68,14 27 278 68,33

ConséquencesModifier

Les Démocrates pour Andorre perdent leur majorité absolue à l'assemblée, mais parviennent à conserver le pouvoir en formant un gouvernement de coalition avec les Libéraux d'Andorre et Troisième voie. Xavier Espot Zamora remplace Antoni Martí au poste de Chef du gouvernement d'Andorre. Le gouvernement est notamment remarqué pour son introduction d'une loi légalisant le mariage homosexuel en [9],[10].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. N'en regroupe plus que 3 à la veille des élections suite à la dissidence de 5 députés ayant créés le parti Troisième voie
  2. En coalitions avec Les Verts
  3. Parti dissident des Libéraux d'Andorre, dont 5 des 8 députés élus en 2015

RéférencesModifier