Élections générales honduriennes de 2017

Élections générales honduriennes de 2017
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Corps électoral et résultats
Population 9 113 000
Inscrits 6 046 873
Juan Orlando Hernández, May 2015.jpg Parti national – Juan Orlando Hernández
Sièges obtenus 61  +12
Salvador Nasralla in 2013 (cropped).jpg Liberté et refondation (Libre) – Salvador Nasralla
Sièges obtenus 30  −7
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Parti libéral – Luis Zelaya (es)
Sièges obtenus 26  −1
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Parti de l'innovation et de l'unité (PINU)
Sièges obtenus 4  +3
Le congrès à l'issue des élections
Diagramme
  • UD (1)
  • LIBRE (30)
  • PINU (4)
  • PLH (26)
  • PAC (1)
  • APH (4)
  • PNH (61)
  • DC (1)

Les élections générales honduriennes de 2017 se déroulent le au Honduras elles regroupent :

Elles aboutissent à un parlement sans majorité. Le Parti national (droite) conserve une majorité relative accrue des sièges. Les résultats provisoires de l'élection présidentielle donnent Juan Orlando Hernández (Parti national) réélu avec 43,0 % des voix, face notamment à Salvador Nasralla (alliance du parti Liberté et refondation (en), gauche, et du Parti de l'innovation et de l'unité (en), centre-gauche : 41,4 %), malgré une large avance de ce dernier lors de l'annonce des résultats provisoires, et après plusieurs jours d'arrêt du dépouillement. Les opposants manifestent, estimant ces résultats frauduleux. Le gouvernement décrète l'état d'urgence, et au moins dix-huit personnes sont tuées lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.

ContexteModifier

Juan Orlando Hernández remporte le la primaire du Parti national et devient le premier président sortant de l'histoire du Honduras à se représenter à sa propre réélection, la constitution interdisant jusqu'alors cette pratique. L’article de la Constitution qui interdisait un second mandat a été invalidé par le Tribunal suprême, formé de juges nommés par le président[2].

Depuis le coup d’État de 2009, le Honduras présente le taux le plus élevé d'assassinats politiques dans le monde, par rapport à sa population. Les écologistes et syndicalistes sont les plus ciblés par ces assassinats, alors que l'impunité des crimes sociaux et politiques avoisine les 95 %[3].

Modes de scrutinModifier

Le droit de vote s'acquiert à 21 ans. Il est obligatoire, mais en pratique les abstentionnistes ne s'exposent à aucune sanction[4].

PrésidentielleModifier

Le président de la République du Honduras est élu pour quatre ans au scrutin uninominal majoritaire à un tour

LégislativesModifier

Le Honduras est doté d'un parlement monocaméral, le Congrès national, composé de 128 sièges et dont les députés sont élus pour quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal dans dix-huit circonscriptions correspondants aux dix-huit départements du Honduras. Le nombre de sièges par circonscription varie en fonction de leur population. La répartition des sièges se fait selon le quotient de Hare et au plus fort reste[4].

Campagne et forces en présencesModifier

Trois candidatures seraient, selon les sondages, en mesure de l'emporter :

La campagne électorale de Juan Orlando Hernández a été notamment alimentée par des détournements de fonds publics effectués par le réseau pandora[5].

RésultatsModifier

PrésidentielleModifier

Résultats de la présidentielle hondurienne de 2017[6]
Partis Candidats Voix %
Parti national (PN) Juan Orlando Hernández 1 412 055 42,98
Liberté et refondation (Libré) Salvador Nasralla 1 359 578 41,38
Parti de l'innovation et de l'unité (PINU)
Parti libéral (PL) Luis Zelaya 484 031 14,73
Alliance patriotique hondurienne (APH) Romeo Velásquez 6 764 0,21
Parti anti corruption (PAC) Marlene Alvarenga 6 091 0,19
Parti démocrate-chrétien (PDC) Lucas Aguilera 5 937 0,18
Parti de l'unification démocratique (UD) Alfonso Narváez 4 668 0,14
Front large Isaías Aguilar 3 160 0,10
Parti du mouvement solidaire Eliseo Reyes 2 966 0,09
Votes valides 3 285 250 94,45
Votes blancs et nuls 193 008 5,55
Total 3 478 258 100
Abstention 2 568 615 42,48
Inscrits / participation 6 046 873 57,52

LégislativesModifier

Résultats préliminaires des législatives honduriennes de 2017[6]
Partis Voix % Sièges +/-
Parti national (PN) 61   12
Liberté et refondation (Libré) 30   7
Parti libéral (PL) 26   1
Parti de l'innovation et de l'unité (PINU) 4   3
Alliance patriotique hondurienne (APH) 4   4
Parti de l'unification démocratique (UD) 1  
Parti démocrate-chrétien (DC) 1  
Parti anti corruption (PAC) 1   12
Front large 0 Nv
Votes valides
Votes blancs et invalides
Total 100 128  
Abstentions
Nombre d'inscrits / participation 6 046 873

Contestation des résultatsModifier

Plus d'une trentaine de manifestants contre la « fraude électorale » sont tués dans des altercations avec la police militaire[7]. Le gouvernement décrète l'état d'urgence[8] et des centaines de manifestants sont arrêtés. D'après l'ONU et la Commission interaméricaine des droits de l'homme, « beaucoup d'entre eux ont été transférés dans des installations militaires, où ils ont été brutalement battus, insultés et parfois torturés »[9].

Pour Salvador Nasralla, « Ce que nous constatons, c'est qu'effectivement, il y a bien eu une manipulation non seulement des bulletins de vote physiques mais aussi électroniques. Les chiffres de l'élection ont été truqués »[10]. Luis Zelaya, le candidat du Parti libéral, considère que Salvador Nasralla a été élu président et appelle le gouvernement à respecter le résultat des élections[11]. Le secrétaire du Conseil des ministres, Ebal Díaz, accuse les manifestations d’être financées, « écoutez-moi bien, avec des fonds de provenance douteuse (…) Les enquêtes récentes nous indiquent qu’ils peuvent provenir du Venezuela ou d’organisations comme les FARC, qui ont déjà exprimé leur appui à ces activités violentes de désordre et d’anarchie »[12].

L'Organisation des États américains, qui avait été choisie par les autorités honduriennes pour constituer une mission d'observateurs électoraux, se prononce pour l'organisation de nouvelles élections en raison des suspicions de fraudes[10]. Les États-Unis félicitent le président Juan Orlando Hernández pour sa « victoire »[13].

Hernández est investi le [14].

Notes et référencesModifier

  1. (es) « Convocatoria Elecciones Generales 20 » (consulté le 10 novembre 2017).
  2. a et b « Présidentielles au Honduras: l'impasse mexicaine », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 23 novembre 2017).
  3. « Coup d'Etat électoral au Honduras », LeCourrier,‎ (lire en ligne, consulté le 4 décembre 2017).
  4. a et b « HONDURAS (Congreso nacional), Texte intégral », sur archive.ipu.org (consulté le 28 novembre 2017).
  5. « Corrupción de presidentes latinoamericanos: Poder vs justicia », sur www.telesurtv.net,
  6. a et b (es) « Sistema de Divulgación - TSE Honduras 2017 », sur resultadosgenerales2017.tse.hn (consulté le 29 novembre 2017).
  7. (es) « Un muerto, varios heridos y detenidos tras una nueva jornada de protestas de opositores en Honduras », RT en Español,‎ (lire en ligne, consulté le 27 janvier 2018).
  8. « État d'urgence au Honduras », sur FIGARO, (consulté le 4 décembre 2017).
  9. « Des organismes réclament le respect des droits fondamentaux au Honduras », sur Radio-Canada.ca, .
  10. a et b « Honduras: l'OEA se déclare favorable à la tenue d'une nouvelle présidentielle », RFI,‎ (lire en ligne, consulté le 21 décembre 2017).
  11. « Luis Zelaya admite victoria de Salvador Nasralla en Honduras », TeleSUR,‎ (lire en ligne, consulté le 21 décembre 2017).
  12. « Au Honduras, tout est mal qui finit mal », sur www.medelu.org, .
  13. « Honduras: les États-Unis félicitent Hernandez », sur FIGARO, (consulté le 22 décembre 2017).
  14. « Honduras: investiture sous haute tension pour le président Hernandez - Amériques - RFI », sur RFI (consulté le 27 janvier 2018).