Élection présidentielle albanaise de 2012

Élection présidentielle albanaise de 2012
30 mai, 4 et (1er, 2e et 3e tours)
(4e tour)
Corps électoral et résultats
Inscrits 140
Votants 76
54,29 %
Votes blancs et nuls 2
Bujar Nishani at meeting with Michael Spindelegger.jpg Bujar Nishani – PDS
Voix 73
98,65 %
Président de la République
Sortant Élu
Bamir Topi
PDSh
Bujar Nishani
PDSh

L'élection présidentielle albanaise de 2012, un scrutin de type indirect réalisé le Parlement unicaméral, s'est déroulée sur 4 tours de scrutin. Il a fallu en conséquence convoquer le Parlement quatre fois : les 30 mai, 4, 8 et .

Le président sortant, Bamir Topi, issu du Parti démocrate, de droite, a refusé de se représenter.

Le président de la République est élu pour cinq ans et possède, dans ce régime parlementaire, outre les fonctions régaliennes, des attributions dans le système judiciaire, ainsi que le titre de Chef des armées[1].

Le Parlement sans majorité claire fut incapable de se trouver un président de la République qui recueillerait les trois-cinquièmes des suffrages. Il fallut attendre que la majorité qualifiée ne soit plus requise, au quatrième tour, pour qu'un candidat de la droite, Bujar Nishani soit élu.

C'est tout à la déception des institutions européennes qui avaient appelé à la désignation d'un candidat de large consensus[1], pour avancer dans l'intégration européenne.

Loi électoraleModifier

  • l'élection se fait à la majorité qualifiée des trois-cinquièmes
  • après trois tours, la majorité absolue suffit
  • cependant, si cinq tours de scrutin n'aboutissent pas, l'Assemblée est dissoute

La dernière mesure est cruciale : en 2007, la majorité qualifiée fut acquise au quatrième tour, avec des voix de l'opposition post-communiste, alors que se rapprochait la possibilité d'une élection anticipée.

Composition du ParlementModifier

La chambre unique du Parlement qui devait élire le président de la République en 2012 fut renouvelée en 2009. Le scrutin était de type proportionnel, et la distribution des sièges était la suivante :

Coalitions Sièges
Alliance pour le changement (Aleanca për Ndryshim) 70
Union pour le changement (Bashkimi për Ndryshim) 66
Alliance socialiste (Aleanca Socialiste për Integrim) 4

Non seulement aucune coalition n'a la majorité absolue pour gouverner, mais les socialistes n'ont pas reconnu la légitimité du scrutin, qui s'est joué à quelques voix[1]. De fait, le système politique vit une crise prolongée.

Il existe différents partis dans chaque coalition, ce qui peut permettre de débloquer des situations - ce sera le cas au quatrième tour.

Choix des candidats et campagneModifier

Les différents partis eurent beaucoup de mal à s'accorder sur leurs propres candidats. Les différents paliers (84 voix, puis 71, puis dissolution) permettent de véritables stratégies.

DéroulementModifier

Les trois premières séances n'aboutirent à rien : l'Assemblée ne vota même pas, tant les dissensions étaient fortes et aucun candidat ne paraissait en mesure d'avoir la majorité qualifiée[2].

Le candidat choisi par la coalition de droite au gouvernement, Xhezair Zaganjori, fut rejeté par le Parti socialiste. Sans même la possibilité d'une majorité absolue, il retira sa candidature après le troisième tour.

Au quatrième tour, différents candidats sont discutés en comités restreints. Artan Hoxha, journaliste, se retire, mécontent des conditions, bien qu'il soit devenu favori. La coalition de droite, qui peut plus aisément recueillir la voix qui lui est manquante grâce à la menace de dissolution après le cinquième tour, finit par présenter le ministre de l'Intérieur Bujar Nishani.

RésultatsModifier

Résultats de la présidentielle albanaise de 2012[2],[3]
Candidat Parti 1er tour 2e tour 3e tour 4e tour
Voix % Voix % Voix % Voix %
Bujar Nishani PDSh Pas de
candidats
Pas de
candidats
Pas de
candidats
73 98,65
Contre 1 1,35
Majorité requise[a] 84 voix 84 voix 84 voix 71 voix
Votes valides 74 97,37
Votes blancs et nuls 2 2,63
Total 76 100
Abstention 64 45,71
Inscrits/Participation 140 54,29

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Aux trois premiers tours, la majorité des trois-cinquièmes des inscrits est requise, et non pas une majorité des suffrages exprimés. Aux quatrième et cinquième tours, la majorité absolue est requise, toujours sur les inscrits.

RéférencesModifier

AnnexesModifier