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Élection partielle québécoise de juin 2009

L'élection partielle québécoise de juin 2009 s'est déroulé le . Elle visait à élire un député dans chacune des circonscriptions de Marguerite-Bourgeoys et Rivière-du-Loup. Clément Gignac et Jean D'Amour du Parti libéral du Québec ont remporté les scrutins.

Le scrutin était nécessaire en raison de la démission de Mario Dumont, chef de l'Action démocratique du Québec et député de Rivière-du-Loup, le et celle de Monique Jérôme-Forget, ministre des Finances et députée de Marguerite-Bourgeoys, le .

Au Québec, une élection partielle doit être convoqués par le premier ministre dans le 6 mois suivant la libération d'un siège à l'Assemblée nationale.

ContexteModifier

À un peu plus de 6 mois des dernières élections générales, ces deux élections partielles ne constituait pas un test très important pour le gouvernement Charest, d'autant plus que l'un des partis d'opposition, l'Action démocratique était encore sans chef depuis le départ en mars de Mario Dumont. Toutefois, les élections se déroulaient à un moment où le Parti québécois annonçait un virage dans son approche pour atteindre la souveraineté du Québec. La chef Pauline Marois souhaitait axer ses actions, si elle prend le pouvoir, vers un rapatriement de pouvoirs du gouvernement fédéral vers le gouvernement du Québec, plutôt que de tenir un référendum sur l'indépendance du Québec dans les plus brefs délais. Ce plan a amené de vives critiques de la part du chef libéral Jean Charest. D'ailleurs, en raison des temps difficiles que vit l'Action démocratique, les libéraux ont surtout concentré leurs attaques sur le Parti québécois[1]. De plus, le chef pressenti à la direction de l'ADQ, Gilles Taillon, a décidé de ne pas se porter candidat dans ni l'une ni l'autre des circonscriptions[2].

Les circonscriptionsModifier

Marguerite-BourgeoysModifier

Article principal : Marguerite-Bourgeoys.

La circonscription de Marguerite-Bourgeoys est considérée comme un château fort. Aucun député autre que d'allégeance libérale n'y a été élu dans l'histoire. Le siège a été rendu vacant à la suite de la démission le de la ministre des Finances Monique Jérôme-Forget. Elle représentait cette circonscription depuis l'élection générale de 1998.

Le premier ministre Jean Charest a annoncé la tenue des élections en même temps que la candidature de Clément Gignac dans Marguerite-Bourgeoys. Gignac a été économiste en chef de la Financière Banque Nationale avant d'être récemment nommé conseiller principal au sous-ministre des Finances au gouvernement fédéral[3]. Le Parti québécois a décidé de lui opposer Christine Normandin, une étudiante en sciences biomédicales[4]. Jean Charest n'a pas caché sa volonté de promouvoir son candidat à un poste de ministre s'il remportait l'élection[5]. Toutefois, il n'a pas voulu le nommer au Conseil des ministres avant l'élection comme il l'avait fait avec Yves Bolduc l'année précédente. Selon les rumeurs, Gignac remplacerait Raymond Bachand au poste de ministre du Développement économique[6], ce qui s'est confirmé le lendemain de l'élection.

La campagne, autant dans cette circonscription que dans celle de Rivière-du-Loup, a beaucoup porté sur l'économie : le Parti libéral accusant le Parti québécois de ne se préoccuper que d'affaires constitutionnelles, le Parti québécois accusant le gouvernement d'avoir mal géré la crise économique[7].

Le candidat libéral s'est toutefois rapidement retrouvé sous les feux de la rampe lorsque les médias ont dévoilé qu'il avait travaillé à la création d'une commission des valeurs mobilières pour le gouvernement fédéral, quelques semaines avant d'annoncer sa candidature dans la députation provinciale[8]. La position de l'ensemble des partis politiques à l'Assemblée nationale du Québec était de combattre cette volonté d'intrusion du fédéral dans un champ de compétence provincial. Le candidat libéral n'a toutefois pas voulu s'étendre sur le travail qu'il effectuait dans ce dossiers au gouvernement fédéral.

Rivière-du-LoupModifier

Article principal : Rivière-du-Loup.

La circonscription de Rivière-du-Loup (circonscription provinciale) a été le vrai enjeu de ces élections partielles. Représentée depuis la fondation de l'Action démocratique du Québec par son chef Mario Dumont, les pronostics étaient difficiles à établir après le départ de cette personnalité très connu dans la région.

Le Parti québécois a recruté le député bloquiste Paul Crête pour se présenter dans la circonscription[9]. En poste depuis 1993, sa notoriété rivalisait avec le candidat libéral Jean D'Amour, président du Parti libéral du Québec et ex-maire de Rivière-du-Loup[10].

La lutte s'est rapidement dessiné entre les candidats du Parti libéral et du Parti québécois[11],[1]. Malgré tout, l'Action démocratique publiait, deux semaines avant le vote, un sondage donnant sa candidate, Gilberte Côté, gagnante dans la circonscription[12]. Toutefois, ces chiffres ne semblaient pas refléter les autres sondages effectués par les médias.

Le Parti québécois a eu quelques problèmes durant la campagne avec les règles électorales. La conférence des présidents de circonscriptions du parti, prévu à Drummondville, a été déplacé à Rivière-du-Loup pour favoriser le candidat Paul Crête. Le Directeur général des élections (DGEQ) a toutefois prétendu que l'ensemble des dépenses de cet événement devait être comptabilisé dans la campagne du candidat, faisant ce dernier dépasser inévitablement la limite permisse[13]. Le DGEQ a finalement publié le 8 juin des règles visant à comptabiliser certaines dépenses liées à la tenue de l'événement. De plus, on a reproché à Crête d'avoir envoyé un feuillet publicitaire la veille du déclenchement des élections, afin d'éviter de comptabiliser la dépenses[13].

Le candidat libéral n'a lui non plus pas été épargné par les scandales. Lui qui avait été reconnu coupable de conduite avec facultés affaiblies en 2008 a dû se défendre durant la campagne d'avoir effectué du lobbyisme pour la firme de génie-conseil BPR sans être accrédité par le registre des lobbyistes[14].

Les autres partis ont été discrets durant la campagne. Le seul autre candidat notoire est Victor-Lévy Beaulieu, écrivain, qui se présente comme indépendant. Il a publié une critique acerbe des quatre principaux partis politiques québécois, notamment reprochant au Parti québécois sa mollesse sur le projet d'indépendance du Québec[15].

ChronologieModifier

CitationsModifier

RésultatsModifier

Résultats par circonscriptionModifier

Marguerite-Bourgeoys
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Clément Gignac Libéral 7 753 72,4 % 5 918
     Christine Normandin Parti québécois 1 835 17,1 % -
     Diane Charbonneau Action démocratique 384 3,6 % -
     Julien Leclerc Vert 290 2,7 % -
     Valérie Black St-Laurent Québec solidaire 265 2,5 % -
     Sylvie R. Tremblay Indépendant 73 0,7 % -
     Érik Poulin Parti indépendantiste 66 0,6 % -
     Régent Millette Indépendant 41 0,4 % -
Total 10 707 100 %  
Le taux de participation lors de l'élection était de 23,2 % et 87 bulletins ont été rejetés.

Rivière-du-Loup
Nom Parti Nombre
de voix
% Maj.
     Jean D'Amour Libéral 9 959 47,5 % 2 445
     Paul Crête Parti québécois 7 514 35,8 % -
     Gilberte Côté Action démocratique 3 089 14,7 % -
     Martin Poirier Vert 151 0,7 % -
     Victor-Lévy Beaulieu Indépendant 93 0,4 % -
     Benoît Renaud Québec solidaire 89 0,4 % -
     Denis Couture Réforme financière 40 0,2 % -
     Éric Tremblay Parti indépendantiste 37 0,2 % -
Total 20 972 100 %  
Le taux de participation lors de l'élection était de 61,6 % et 119 bulletins ont été rejetés.

Résultats agglomérésModifier

Les résultats ci-dessous ont été calculés en effectuant une comparaison entre les résultats des dernières élections dans les deux circonscriptions et les résultats obtenus dans cette élection partielle.


Résultats de l'élection partielle de 2009
Partis Chef Candidats Sièges Voix
2008 Élus +/- Nb % +/-
     Libéral Jean Charest 2 1 2 +1 17 712 55,91 % +9,13 %
     Parti québécois Pauline Marois 2 0 - +0 9 349 29,51 % +11,53 %
     Action démocratique Sylvie Roy[18] 2 1 - -1 3 473 10,96 % -19,05 %
     Québec solidaire Françoise David et Amir Khadir[19] 2 0 - - 354 1,12 % -1,54 %
     Vert Guy Rainville 2 0 - - 441 1,39 % +0,21 %
     Parti indépendantiste Éric Tremblay 2 0 - - 103 0,33 % -
     Réforme financière Denis Couture 1 - - - 40 0,13 % -
     Indépendant 3 0 - - 207 0,65 % -0,72 %
Total 16 2 2   31 679 100 %  
Le taux de participation lors de l'élection était de 39,52 % et 211 bulletins ont été rejetés.
Il y avait 80 697 personnes inscrites sur la liste électorale pour l'élection.
Source : « Élections partielles. 2009, 22 juin (Rivière-du-Loup, Marguerite-Bourgeoys).
Résultats officiels par circonscription.
 »
, sur www.electionsquebec.qc.ca, DGEQ, s.d. (consulté le 1er novembre 2009)
.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Céline Galipeau et Pierre Duchesne, Élection partielle dans Rivière-du-Loup, SRC Télévision, Le Téléjournal / Le Point, 8 juin 2009 à 22 h.
  2. Louis Lafortune, « Taillon veut l'emporter en Outaouais », Le Droit,‎ , p. 5.
  3. Denis Lessard, « Clément Gignac fait le saut avec le PLQ », La Tribune,‎ , p. 8.
  4. Presse Canadienne, « Le PQ désigne sa candidate pour la partielle dans Marguerite-Bourgeoys », La Presse Canadienne,‎ .
  5. Denis Lessard, « Les controverses plongent le PLQ dans l'embarras », La Presse,‎ , A19.
  6. Denis Lessard, « Élection partielle dans Marguerite-Bourgeoys. Clément Gignac sera le candidat libéral », La Presse,‎ , A13.
  7. Jean Philippe Angers, « Référendums sectoriels: Charest parle d'une 'menace Marois' sur l'économie », La Presse Canadienne,‎ .
  8. Antoine Robitaille, « La vedette libérale a travaillé à l'établissement d'une commission des valeurs mobilières unique - Marois accuse Gignac d'être un traître à la nation », Le Devoir,‎ , A3.
  9. Marc Larouche, « Paul Crête fait le saut au PQ », Le Soleil,‎ , p. 13.
  10. Marc Larouche, « D'Amour misera sur le développement régional », Le Soleil,‎ , p. 8.
  11. Martin Ouellet, « Rien n'est gagné pour le Parti québécois dans Rivière-du-Loup », La Presse Canadienne,‎ .
  12. Simon Boivin, « L'ADQ s'estime en tête dans Rivière-du-Loup », Le Soleil,‎ , p. 8.
  13. a et b Gilbert Lavoie, « Le PQ dans de beaux draps », Le Soleil,‎ , p. 6.
  14. Normand Séguin et Sébastien Perron, Le PQ demande une enquête sur le président du PLQ, SRC Radio, Radiojournal, 28 avril 2009 à 18 h.
  15. Victor-Lévy Beaulieu, « L'indépendance, maintenant plus que jamais », Le Devoir,‎ , A6.
  16. Simon Boivin, « Les péquistes "se foutent des règles", dit Charest », Le Soleil,‎ , p. 8.
  17. Marc Larouche, « Chacun y va de ses priorités », Le Soleil,‎ , p. 28.
  18. Chef par intérim.
  19. Françoise David et Amir Khadir sont en fait les porte-parole de Québec solidaire. Le chef du parti, au sens de la Loi électorale, est Benoît Renaud.

Voir aussiModifier