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Église du Saint-Esprit d'Aix-en-Provence

édifice religieux de culte catholique romain situé à Aix-en-Provence

Église du Saint-Esprit
Image illustrative de l’article Église du Saint-Esprit d'Aix-en-Provence
Extérieur de l'église du Saint-Esprit, à Aix-en-Provence.
Présentation
Culte catholique
Début de la construction XVIIIe siècle
Protection Logo monument historique Classé MH (1985)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Blason région fr Provence-Alpes-Côte d'Azur.svg Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département
Blason département fr Bouches-du-Rhône.svg
Bouches-du-Rhône
Ville Blason ville fr Aix-en-Provence.svg Aix-en-Provence
Coordonnées 43° 31′ 38,7″ nord, 5° 26′ 48,7″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Église du Saint-Esprit

L'église du Saint-Esprit est un édifice religieux de culte catholique construit au numéro 40 de la rue Espariat, à Aix-en-Provence.

Elle a été construite au XVIIIe siècle à l'emplacement d'un hôpital, dénommé l'hôpital du Saint-Esprit[1]. L'édifice est protégé par un classement au titre des monuments historiques par arrêté du [2].

Sommaire

HistoriqueModifier

1229: fondation de l'hôpitalModifier

Au XIIIe siècle est fondé un hôpital rattaché à l’Ordre des hospitaliers du Saint-Esprit, le charisme de cet ordre étant de venir en aide à tous les « déshérités de la vie », les religieux accueillent les orphelins, les malades et les mourants, malgré un nombre limité de places (entre cinq et huit). L’édifice est alors aux limites ouest de la ville, à l’entrée de la cité, au bord de la campagne.

XVe siècle: édification de la Chapelle du Saint-EspritModifier

À cette époque, le quartier assiste à la construction du couvent des Augustins, en face de l’hôpital du Saint-Esprit. Simultanément est édifiée la chapelle de l’hôpital : chapelle richement ornée, elle possèdera une certaine notoriété au sein de la population. Les ouvriers chargés de la construction du couvent des Augustins traversaient alors la rue Espariat pour mener les deux chantiers de front.

XVIIe siècle: accroissement démographique des environsModifier

Dès le XVIIe siècle, la ville d'Aix voit s'élargir sa superficie vers l’Ouest au-delà de la porte des Augustins. Le nouveau quartier est baptisé "Villeverte" car il se voulait aéré, agrémenté de nombreux espaces verts, la campagne n'étant pas très éloignée. Cependant, les tracés sont bâclés, et le quartier adoptera une conception médiévale archaïque. C’est un échec architectural quand on le compare au quartier Mazarin tracé au cordeau moins de quarante ans plus tard. Le nouveau quartier entraine logiquement une hausse du nombre de fidèles venant prier dans la chapelle de l'hôpital qui devient de plus en plus étroite.

Les "paroissiens" du XVIIe siècleModifier

Au Nord de la rue Espariat on trouve des artisans, des tanneurs, des mendiants et des femmes pour la plupart vivant seules, mais dès qu’on passe la rue Espariat vers le Sud, le niveau social augmente et l’on peut trouver des officiers de guerre, des petites ou grandes noblesses de robe, etc. Ces personnes dépendent encore toutes de la paroisse de la Madeleine, à l’époque à l’autre bout de la ville. Un plébiscite populaire réclame la création d’une nouvelle église paroissiale afin d’accéder à un lieu culte plus proche. Si les volontés sont unanimes, il va falloir un siècle pour que les différents protagonistes se mettent d’accord. Plusieurs projets sont établis, tout le monde veut la même chose mais personne ne veut rien perdre de ses prérogatives : religieux, municipalité, voirie, artisans, etc.

1670Modifier

En 1670, le Parlement de Provence ordonne la construction d’une succursale de la paroisse Saint Jérôme en ces lieux. Le devis de l’époque avoisine les 50 000 livres. L’obstination des habitants et des dirigeants retarde encore de trente ans le projet. Au cours de ces trente ans la messe se tient dans la chapelle de l’Hôpital qui devient la chapelle paroissiale.

1704Modifier

L’architecte Laurent Vallon parvient à abaisser le devis à 30 000 livres. Le Parlement et les mécènes signent immédiatement le projet, sans trop se questionner sur les 20 000 livres économisées. La première pierre est posée en 1706, après la démolition de l'hôpital du Saint-Esprit ainsi que de certaines maisons avoisinantes. Les travaux dureront près de vingt ans.

1726Modifier

L’église est enfin terminée, mais des faiblesses commencent déjà à apparaitre dans la construction, résultat des économies drastiques réalisées par l'architecte. La construction laisse un gout amer de par les réductions de ses dépenses et au vu de la piètre solidité de l'édifice. Heureusement, la décoration apportée à l’église par deux sculpteurs est fastueuse et ravira les paroissiens. L’évolution historique étant en partie terminée, abordons maintenant justement le côté artistique du bâtiment.

ArchitectureModifier

FaçadeModifier

Elle est sobre, comme souvent les églises paroissiales : budget modeste, espace limité, mais il existe aussi une volonté d’épuration de la part de l’architecte. Le style contre-réforme est rare pour une église aixoise : deux niveaux, ailerons débutés, fronton triangulaire, pilastres. Se rajoutent des légers renfoncements créant des lignes d’ombres et des jeux de lumière au long de la journée, la façade étant orientée plein Sud, donc façade tout le temps exposée à la lumière.

IntérieurModifier

 
Interieur de l'Église du Saint-Esprit

Il est résolument moderne, les lignes sont épurées, les arcs sont en plein-cintres. Laurent Vallon joue énormément avec l'espace, créant de nombreuses illusions : les nefs latérales sont écrasées par la nef principale afin de donner une impression d’espace, et une corniche fait le tour de tout l’intérieur, constituant un liant unifiant les différents éléments de l’église en assurant une continuité.

Très riche, mais hétéroclite, la décoration de l'intérieur de l'église du Saint-Esprit s'est étoffée au cours des troubles révolutionnaires, ainsi qu'au fil de son histoire paroissiale, faites de nombreux dons de riches commerçants.

La chaireModifier

La chaire du prédicateur mêle deux périodes différentes. A l’origine elle était totalement en bois, réalisée par le sculpteur Esprit Routier dont on a retrouvé la quittance datée de 1740. 23 ans plus tard, la cuve et la rampe de bois furent enlevés pour être remplacées par une cuve en marbre et un escalier en ferronnerie, offerts par un riche paroissien, M. Bonnaud. On peut retrouver cette inscription au sommet de la rampe: « Bonnaud, tailleur, a fait ce don, 1763 ». Au centre de la chaire est représentée une colombe, symbole du Saint Esprit. Si elle est aujourd'hui disparue, on distingue encore sa trace, entourée de deux palmiers, les arbres bibliques par excellence symbolisant l'arbre de Vie.

L'orgue du Couvent des CarmesModifier

Il date du XVIIe siècle alors que la construction de l’église a débuté en 1706 : il a été commandé par les grands Carmes d’Aix pour leur chapelle (dont on peut admirer les restes dans le passage Agard). Réalisé par le facteur d’orgue marseillais Charles Royer, le buffet a lui été effectué par le menuisier aixois Adolphe Dumas suivant les plans du sculpteur Jean-Claude Rambot (atlantes du Pavillon de Vendôme, fontaine des quatre dauphins, etc.).

La chapelle des Carmes fut détruite par la période révolutionnaire, et le Directoire du Département des Bouches du Rhône attribua l’orgue à l’église du Saint Esprit.

Orgue exceptionnel, autant du point de vue esthétique qu’auditif. Il est surtout extrêmement grand : on peut voir sur la façade 53 tuyaux, mais à l’intérieur du buffet d’orgue il y en a 1728, soit un total de 1 781 tuyaux mesurant entre quelques centimètres jusqu’à 5 mètres.

Composition actuelle:

Grand-Orgue (II) Positif (I) Récit (III) Pédalier
54 notes, 9 jeux 54 notes, 4 jeux 54 notes, 10 jeux 30 notes, 3 jeux
Bourdon 16'

Bourdon 8'

Flûte à biberon 4'

Montre 8'

Prestant 4'

Doublette 2'

Fourniture II + Cymbale IV rangs

Nazard 2' 2/3

Tierce 1' 1/3

Bombarde 16'

Trompette 8'

Clairon 4'

Cornet V rangs

Bourdon 8'

Prestant 4'

Flûte à cheminée 4'

Doublette 2'

Tierce (larigot) 1' 1/3

Sesquialtera II rangs

Trompette 8'

Haubois 4'

Voix humaine 8'

Cymbale IV rangs

Flûte 16'

Flûte 8'

Flûte 4'

26 jeux

1781 tuyaux

Accouplements: III sur II; II sur I; Tirasse sur positif

Combinaison: appel d'anches

Tremblant doux

Traction mécanique

Notes et référencesModifier

  1. « Église du Saint-Esprit », site officiel de la mairie d'Aix-en-Provence.
  2. « Église Saint Esprit », notice no PA00080999, base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Jacques Balesta, L'Église du Saint-Esprit à Aix-en-Provence, éd. Édisud, Aix-en-Provence, 1989, 42 p. (ISBN 2857443595)