Église de Crète

Église de Crète
(Εκκλησία της Κρήτης)
Primat actuel Archevêque Irénée
Siège Héraklion, Crète
Territoire primaire Crète
Extension territoriale -
Rite byzantin
Langue(s) liturgique(s) grec
Calendrier grégorien / julien révisé

L’Église de Crète est une juridiction semi-autonome de l'Église orthodoxe rattachée canoniquement au Patriarcat œcuménique de Constantinople. Le primat de l'Église porte le titre d’archevêque de Crète, avec résidence à Héraklion. Le titulaire actuel est l'archevêque Irénée Athanasiadis[1], depuis le .

Juridiction des différentes Églises orthodoxes en Grèce :
* En Violet : "Nouvelles terres" dépendant directement du Patriarcat œcuménique de Constantinople, dont dépendent l'Église de Crète (en lilas) et la République monastique du mont Athos (en Rouge);
* En Bleu : Église orthodoxe autocéphale de Grèce.

HistoireModifier

Débuts de l'ère chrétienneModifier

 
Cathédrale de La Canée.

Paul de Tarse visita la Crète en l'an 64 de notre ère, au cours de son troisième voyage apostolique, en créant une communauté chrétienne sur l'île, et en laissant Tite comme son premier évêque. Paul aurait donné une épître à Tite qui, selon la tradition, serait mort comme évêque de Gortyne, où l'on trouve les ruines d'une basilique qui lui est dédiée. À Héraklion se trouve l'église sous son patronage où ses reliques sont conservées depuis 1966 (auparavant, elles auraient appartenu à Venise, où elles auraient été gardées pendant la domination turque de la Crète).

Pendant la PentarchieModifier

Durant la Pentarchie, l'archevêque de Thessalonique ordonne en 535 que l'archevêché de Crète devienne l'un des 12 archidiocèses placés sous la juridiction, acceptée par le patriarcat de l'Ouest dirigé par le pape de Rome, de la préfecture prétorienne (ὑπαρχία τῶν πραιτωρίων) d'Illyrie (Ἐπαρχότης Ἰλλυρικοῦ), qui subsiste après la division de l'Empire romain en 395. Au Ve siècle lui est annexé le territoire du diocèse d'Apollonia. Les évêques de Crète qui participèrent au deuxième concile de Nicée en 787 furent les suivants : Élie (archevêque de Gortyne), Épiphane de Lampi, Théodore d'Héraklion, Anastase de Knossos, Méliton de Cydonie, Léon Kissamos, Théodore de Syvritos, Léon le Phénicien, Jean d'Arcadie, Épiphane d'Éleutherne, Photine de Kandanos et Sissinios de Chéronée.

Période arabeModifier

Pendant l'occupation arabe de 827 à 961, l'histoire des chrétiens de Crète n'est guère documentée : la population, soumise à une double-capitation, le kharadj, fuit les plaines qui se dépeuplent tandis que la montagne voit se multiplier bergeries et hameaux dispersés, cachés en amont des vallées ou dans les dépressions d'altitude et vivant d'élevage extensif. Il n'y a plus d'Église crétoise organisée et seuls des chorévêques (χωρεπισϰόποι : évêques itinérants) forment les popes de l'île, sous le contrôle des perichorètes du continent (περιχωρέτοι : responsables des régions périphériques de l’Empire)[2].

Période vénitienneModifier

Après la dislocation de la Pentarchie au XIe siècle, les Vénitiens attaquent la Crète et s'en emparent au XIIIe siècle. Ainsi naît le duché de Candie qui durera jusqu'à la conquête turque de l'île. Cette période est surtout connue pour l'influence du clergé latin catholique qui se propage face au clergé grec crétois orthodoxe.

Période ottomaneModifier

Dès 1645, les Turcs ottomans délogèrent les Vénitiens qui dominaient la Crète, mettant fin au duché de Candie en 1669, puis prirent en un an le contrôle de la plus grande partie de l'île. Ils expulsent les évêques latins des 11 diocèses orthodoxes qu'ils rétablissant sous l'autorité du Patriarcat œcuménique de Constantinople : Gortyne, Knossos, Arcadie, Chéronée, Avlopotamos, Agrion, y compris le territoire qui était Lampi, alors appelé Rethymno, Lampi ex-Kalamon sur le territoire des anciens Syvritos, Cydonie ex-Agia, Iera Petra ex-Iera, Sitia et Kissamos). Un moine du monastère d'Arkadi, Néophyte Patellaros, est nommé métropolite de Crète en 1647.

Grèce moderneModifier

La métropole de Crète reste sous la juridiction du Patriarcat œcuménique de Constantinople après le rattachement de l'île à la Grèce en 1913. Elle obtient une semi-autonomie le . Le l'évêché d'Héraklion est élevé au rang d'archevêché.

OrganisationModifier

L'Église orthodoxe de Crète comprend neuf évêchés : l'archevêché et huit métropoles.

Notes et référencesModifier

  1. www.aartsbisdom.be
  2. George C. Miles, « Byzantium and the Arabs: Relations in Crete and the Aegean Area », Dumbarton Oaks Papers, vol. 18, 1964, p. 15.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier