Église catholique en Allemagne

Église catholique en Allemagne
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Carte des diocèses catholique-romains en Allemagne
Blason

Pays Allemagne
Représentation Conférence épiscopale allemande
Président de la représentation Mgr Reinhard Marx
Langue(s) Allemand
Date 2019
Population 22,6 millions[1]
Pourcentage 27,2 %

Histoire
14 ap. J.-C. Début du culte impérial appelé « culte d'Auguste »
Entre 64-68 Début des persécutions anti-chrétiennes
313 Édit de Milan : début de la liberté de religion et fin des persécutions
391 Le christianisme devient religion d'État
31 octobre 1517

Luther publie ses 95 thèses : début du luthéranisme (Réforme

)
3 janvier 1521 Le Decet Romanum Pontificem excommunie Luther
26 mai 1521 L'édit impérial de Worms interdit le luthéranisme ou autres hérésies schismatiques
19/25 avril 1529

Six princes déposent un acte de « protestation »

contre la diète impériale de Spire
20 juillet 1546 Début de la guerre de Smalkalde entre les princes luthériens et l’empereur catholique
25 septembre 1555 Paix d'Augsbourg : fin de la guerre de Smalkalde, égalité entre les luthériens et catholiques
5 décembre 1563 Fin du concile de Trente et début de la Contre-Réforme catholique
23 mai 1618 Défenestration de Prague, début de la guerre de Trente Ans
24 octobre 1648 Traités de Westphalie, fin de la guerre de Trente Ans et de la Contre-Réforme, chaque État a le droit de choisir sa confession catholique, luthérienne ou calviniste
1933 - 1945 voir Église catholique d'Allemagne face au nazisme
24 mai 1949 La loi fondamentale préserve une liberté de culte sans laïcité ni religion d'État qui finance les religions reconnues
31 octobre 1999 Déclaration commune sur la justification par la foi entre l'Église catholique et deux fédérations d'églises protestantes

Voir aussi

Modèle:Palette Religions en Allemagne
Religion par pays

L'Église catholique en Allemagne (en allemand : « Katholische Kirche in Deutschland »), désigne l'organisme institutionnel et sa communauté locale ayant pour religion le catholicisme en Allemagne[2]. ».

L'Église en Allemagne est organisée en sept provinces ecclésiastiques, qui ne sont pas soumises à une juridiction nationale au sein d'une église nationale mais qui sont soumises à la juridiction universelle du pape, évêque de Rome, au sein de l'« Église universelle[2] ».

Les sept provinces répartissent 27 diocèses (sept archidiocèse métropolitain et vingt diocèses) qui rassemblent toutes les paroisses de l'Allemagne[3].

En étroite communion avec le Saint-Siège, les évêques des diocèses en Allemagne sont membres d'une instance de concertation, la Conférence épiscopale allemande.

Depuis 1918, l'Allemagne n'a plus de religions d'État ni officielles. L'article 4 de la loi fondamentale de 1949 stipule que « La liberté de professer des croyances religieuses sont inviolables »[4] autorisant[5],[6] ainsi l'Église catholique.

L'Église catholique est la communauté religieuse comptant le plus de membres en Allemagne si on excepte les sans-religions.

HistoireModifier

Un des plus anciens archevêchés d'Allemagne est l'archidiocèse de Cologne qui remonte à 313, date du premier évêque de Cologne, Maternus. À cette époque, la ville de Cologne est romaine et les premiers chrétiens doivent se rassembler dans les sous-sols (voir Persécution des chrétiens dans la Rome antique).

Le discours de Luther, à la diète de Worms, en 1521, instaure le schisme entre les luthériens et catholiques[7].

La Conférence épiscopale allemande de 1931 puis en 1932, interdirent aux catholiques d'adhérer au parti national-socialiste. En revanche, la conférence de 1933 qui se tient quelques jours après le vote de la loi des pleins pouvoirs, lève cette interdiction.

L'Église catholique en Allemagne donna le , un pape allemand à la tête de l'Église catholique. L'ancien pape, Benoît XVI, né Joseph Alois Ratzinger en 1927, est, en effet, un Bavarois[8].

L'impôt sur la religionModifier

Chaque citoyen Allemand doit, par ailleurs, déclarer sa religion au service des impôts, environ 8 % de l'impôt sur le revenu étant prélevé par l'Église à laquelle il appartient. Est dit catholique, ou protestant, toute personne étant baptisée : pour ne pas se voir prélever cette dime, il faut effectuer une sortie de l'Église (Kirchenaustritt), c'est-à-dire se faire rayer des registres de baptême, opération elle-même payante (environ 50 euros) [9]. Cette somme est d'environ 500 euros pour 40 000 euros de revenu annuel [10]. L'État prélève cet impôt à la source mais facture aux Églises les frais de leur recouvrement.

L'autonomie des sociétés religieuses, deuxième employeur après l'ÉtatModifier

L'art. 140 de la loi fondamentale reprend les articles de la Constitution de Weimar relatifs aux rapports entre l'État et les cultes, dont l'art. 137 qui permet « aux sociétés à caractère religieux [Religionsgesellschaft, voir Körperschaftsstatus (de)] de créer une « corporation » ou collectivité de droit public qui leur permet de prendre en charge certains domaines du service public (comme l´enseignement, l´éducation, l´aide sociale, la santé publique, etc.) de manière parfaitement autonome (« selbstständig ») » [11]. Cette autonomie est très large, puisqu'elle permet à celles-ci de ne pas appliquer la loi sur l´organisation des entreprises (« Betriebsverfassungsgesetz (de) »), celle sur les discriminations (« Allgemeine Gleichbehandlungsgesetz (de) »), le droit de syndical et de grève, tandis que les prescriptions religieuses s'appliquent strictement [11]. Un médecin d'une clinique catholique a pu ainsi être licencié pour cause de remariage civil, ce qui a été validé par la Cour constitutionnelle allemande en [11].

Avec 1,3 million de salariés, la Caritas et la Diaconie sont ainsi les deuxièmes plus gros employeurs après l'État [11].

OrganisationModifier

La circonscription de l'Église catholique en Allemagne et des circonscriptions limitrophes

StatistiquesModifier

En 2017, dans une population de 80,5 millions d'habitants, après 30[12] millions de sans-religions (36 %), l'Église catholique est le deuxième groupe sociologique, avec 23,6 millions catholique (29 %), avant les protestants (27 %), les orthodoxes (1,9 %) et les musulmans (4,4 %) [13],[14].

RéférencesModifier

  1. Religionszugehörigkeiten in Deutschland 2019, fowid.de, 23/08/2020
  2. a et b « Catéchisme de l'Église Catholique », sur vatican.va (consulté le )
  3. Annuario pontificio 2011, Città del Vaticano, 2011.
  4. « Loi fondamentale pour la République fédérale d'Allemagne », sur bundesregierung.de, (consulté le )
  5. (en) « Freedom in the World 2015 Latvia », sur freedomhouse.org, (consulté le )
  6. (en) « Bureau of Democracy, Human Rights and Labor International Religious Freedom Report for 2014 Latvia », sur state.gov, (consulté le )
  7. Dominique FERNANDEZ, « Géopolitique de la Suède et du luthéranisme au XXe siècle », sur diploweb.com,
  8. tatsachen, « Les Églises et les communautés religieuses », sur [1] (consulté le )
  9. Français d’Allemagne, il est urgent de vous faire rayer des listes de baptême, Rue 89, 17 février 2015
  10. Impôt sur la religion, Guide Munich-French Connection, accès le 18 mars 2015
  11. a b c et d Paul Mougeolle, « Les droits et libertés fondamentaux des salariés face à l’autonomie des employeurs religieux en Allemagne », La Revue des droits de l'homme [En ligne], Actualités Droits-Libertés, mis en ligne le 18 mars 2015, consulté le 18 mars 2015. URL : http://revdh.revues.org/1074
  12. Religionszugehörigkeiten in Deutschland 2016, fowid.de, 04/09/2017.
  13. (en) « The world factbook Germany », sur cia.gov (consulté le )
  14. « L'observatoire de la liberté religieuse Allemagne », sur liberte-religieuse.org (consulté le )

Articles connexesModifier