Édouard Portalis

journaliste français
Edouard Albert Portalis
Portalis, Edouard.jpg
Biographie
Naissance
Décès
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PoissyVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Albert-Édouard Portalis est un journaliste et patron de presse français né le à Vesoul, dans la Haute-Saône, et décédé le à Poissy[1].

BiographieModifier

Fils de Jean-Baptiste Portalis, baron Harold (1810-1899), Édouard Portalis est né au 35 rue Saint-Georges, dans le quartier historique de Vesoul. À la suite d'un voyage aux États-Unis, il publie en 1869 un essai remarqué, Les États-Unis, le self-government et le césarisme, et prend la profession de journaliste[1]. Il fonde cette année-là une revue hebdomadaire, Le Courrier des deux mondes, proche du courant démocrate républicain qui commence à réémerger à la fin du Second Empire.

Durant la Guerre franco-prussienne, il devient rédacteur en chef de L’Électeur libre, puis fonde La Vérité, situé 9 rue d'Aboukir, proche de l'esprit communard : le journal est interdit le 4 septembre 1871.

En avril 1872, il achète Le Corsaire, journal à son tour interdit en avril 1873 pour une série d'articles signés Émile Zola (lequel prit peu à peu ses distances). Dans la foulée, il rachète alors L'Avenir national, mais le titre est interdit en octobre 1873 pour un article signé « Alceste » contre le « comte de Chambord ». Il est également administrateur de La Constitution, journal qui est également interdit par le ministère d'Albert de Broglie.

En 1878, il acquiert Le Petit Lyonnais[2], puis, en 1886, Le XIXe Siècle, un temps proche du boulangisme.

En février 1895, Portalis est poursuivi par la justice pour une affaire de chantage[3] : Le XIXe siècle faisait paraître depuis deux ans une page de potins mettant en cause Isidore Bloch, du Cercle de l'escrime, et Charles Bertrand, du Cercle Washington[4]. Les deux hommes s'étaient vu exiger des sommes de plusieurs dizaines de milliers de francs en échange de l'arrêt des publications « indiscrètes ». Les négociations avaient entre autres été menées par le « baron » Ladislas Heftler[5], l'ex-député Camille Dreyfus et le publiciste Raoul Canivet. Portalis, choisissant de s'exiler, fut condamné in abstentia à 5 ans de prison et 3 000 francs d’amende. C'en était fini de sa carrière.

ŒuvresModifier

Liste de ses publications[1] :

  • 1869 : Les États-Unis, le self-government et le césarisme, Éditeur Armand le Chevalier
  • 1880 : Deux Républiques, Éditeur G. Charpentier - lire sur Gallica
  • 1881 : La Révision, lettres échangées entre le directeur de "la France" et le directeur de "la Vérité", Éditeur : E. Dentu - lire sur Gallica
  • 1896 : Un guet-apens judiciaire. Mémoire d'un condamné par défaut à l'opinion, à la presse, à ses juges, Éditeur Albert Savine - lire sur Gallica

Notes et référencesModifier

  1. a b et c « Edouard Albert PORTALIS », sur http://portalis.name/.
  2. « Réponse de M. Portalis au journal de MM. Jantet... s'étant appelé : Le Lyonnais à cinq centimes, mais devant changer de titre », Lyon, impr. de Galint, 1878 - en ligne.
  3. « Edouard Portalis, roi des maîtres chanteurs », In: Causes criminelles et mondaines par Albert Bataille, Paris, E. Dentu, 1898 - en ligne.
  4. Par « cercle », il faut entendre cercle de jeux que Portalis qualifiait de « tripots » et dont il réclamait, soi-disant, la fermeture.
  5. Ancien secrétaire du baron Ernest Seillière, il fut impliqué dans l'affaire Max Lebaudy.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Claude Wartelle, Édouard Portalis (1845-1918), Patron de presse à l'américaine, , 192 p. (ISBN 2-85199-522-7)

Articles connexesModifier