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Denier de Charles le Chauve frappé à Tours (843-864).

L'Édit de Pîtres ou de Pistres (latin Edictun Pistense) est un capitulaire promulgué le [1] par Charles II le Chauve à la deuxième des quatre assemblées (conciles) réunies à Pîtres [2] sous son règne entre 861 et 869.

L'acte est considéré comme le plus important du règne de Charles le Chauve avec le capitulaire de Quierzy de 877. Il prend plusieurs décisions qui ont des répercussions politiques, économiques et militaires majeures :

  • Pépin II d'Aquitaine est condamné comme traître et apostat, déposé et doit se retirer dans un monastère, à Senlis[3].
  • Une refonte des monnaies est programmée et des peines sévères envisagées contre les faux monnayeurs. Charles le Chauve limite à 10 le nombre d'ateliers - dont la Monnaie de Paris - chargés de la frappe pour tout le royaume de Francie occidentale, et choisit un nouveau type : son monogramme (repris du monogramme de Charlemagne) entouré de la légende Gratia Dei Rex. Au revers : une croix pattée entourée du nom du lieu de diffusion de la monnaie (et non du nom de l'atelier)[4],[5].
  • Reprenant les résolutions prises au précédent concile tenu déjà à Pîtres en 861-862, Charles le Chauve envisage de fortifier les ponts contre les Vikings, en particulier le pont de Pîtres. Il interdit le commerce des armes avec l’envahisseur[6]. Soucieux de ne pas voir ses vassaux se renforcer à ses dépens, le roi interdit la construction de buttes castrales et les frappes privées.
  • Le capitulaire ordonne un recensement des hommes libres obligés de servir l'ost et apporte certaines améliorations sur le sort des esclaves et des colons[7].

Selon Abraham Léon, l'édit « punit la vente de l'or ou de l'argent impurs par le fouet, lorsqu'il s'agit de serfs ou de corvéables, et d'une amende d'argent quand il s'agit de Juifs ou d'hommes libres »[8].

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Notes et référencesModifier