Ouvrir le menu principal

L'écriture auvergnate unifiée ou raccourcie en écriture auvergnate[1] est une norme linguistique (une codification) qui fixe l'auvergnat, concurrente de la norme classique. Elle est une des deux graphies de l'auvergnat utilisée dans les milieux scolaires[2] et universitaires[3].

Sommaire

OrigineModifier

Cette orthographe tire ses origines dans l'évolution de la langue auvergnate depuis les débuts de l'époque moderne[4]. Dès le XVIe siècle, l'auvergnat entre dans sa période linguistique dite moderne, marquée par de nombreuses évolutions qui la différencie fortement de l'auvergnat ancien dit médiéval. L'écriture auvergnate se met alors en place sur plusieurs siècles pour finalement aboutir à une codification contemporaine, l'écriture auvergnate unifiée[5] finalement mise au point en 1973 par le chercheur Pierre Bonnaud.

AppellationsModifier

L'écriture auvergnate unifiée est généralement nommé par son abréviation écriture auvergnate. Cette graphie se définit elle-même comme auvergnat littéraire et pédagogique (ALEP). Le nom auvergnat de cette écriture est eicritürà euvarnhatà vunefiadà. Certains linguistes emploient quelquefois le terme norme bonnaudienne.

UtilisationsModifier

Milieu scolaire et universitaireModifier

Elle est utilisée dans les milieux scolaires et universitaires quant à l'apprentissage de l'auvergnat. Cette dernière se retrouve notamment pour l'épreuve de langue auvergnate au baccalauréat[6]. Elle est également présente dans les concours scolaires de textes en auvergnat[7].

Au sein du milieu universitaire cette écriture est également utilisée et soutenue par de nombreux chercheurs, professeurs et linguistes dont notamment le philologue Karl-Heinz Reichel[8]. Elle est celle utilisée quant aux travaux de chercheurs et linguistes qui présentent l'auvergnat comme une langue romane à part entière[9],[10], notamment vis-à-vis de l'occitan[a].

Milieu littéraireModifier

 
Logotype de la revue Bïzà Neirà.

Elle est également utilisée par de nombreux écrivains arvernophones. Elle est présente dans le milieu romanesque avec des auteurs comme Albert Massebeuf, Jean Anglade[11], Émile Brun, Karl-Heinz Reichel, Danièle Sala, Pierre Dessalces, etc ; dans les nouvelles avec Henri Devedeux, Andrée Homette ainsi que le domaine de la poésie avec Ernest Monpied, Claudius Javelle, Pierre Bonnaud.

Elle est la graphie utilisée par la revue Bïzà Neirà et est promue par la société savante Cercle Terre d'Auvergne (CTA)[12] qui publie cette dernière[13].

AdaptationsModifier

En 1982, Pierre Bonnaud la décline en des versions adaptées au poitevin-saintongeais (langue d'oïl)[14] ainsi qu'aux parlers guyennais, c'est-à-dire le languedocien septentrional, et plus particulièrement l'aurillacois.

Différences graphiquesModifier

Elle apparaît comme une simplification graphique pour l'auvergnat vis-à-vis de la norme classique, dont elle possède également certaines similarités pour les graphèmes et codes linguistiques propre à l'évolution de la langue ainsi qu'au domaine des langues d'oc (les digrammes nh/lh ; terminaison de la conjugaison de la deuxième personne du pluriel en m (Nous chantons : chantem prononcé chanten'; terminaison des mots féminins en a mais accentué au singulier (à). Elle ne présente pas les terminaisons étymologique non prononcées et disparues à la fin de l'époque médiévale pour retenir les graphèmes issus de l'auvergnat à l'époque moderne (infinitif : parlâ et non parlar, forme archaïque présente dans les écrits médiévaux mais conservés au sein de la norme classique), et développe un système d'accents pour les palatalisations ; le phonème /u/ est écrit ou comme en français[b],[15].

Ouvrages de référenceModifier

Certains de ces ouvrages sont publiés ou mentionnés par la société savante CTA[16],[17].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Point de vue de nombreux chercheurs et linguistes dont voici une liste non exhaustive :
    Premièrement des spécialistes de l'auvergnat, Karl-Heinz Reichel, linguiste et philologue, Pierre Bonnaud, géographe, géohistorien et ancien professeur de langue auvergnate à l'Université Blaise Pascal. Mais également de nombreux autres linguistes, plus généraux, tel que Philippe Blanchet, sociolinguiste, Henriette Walter (directrice du Laboratoire de phonologie à l'École pratique des hautes études à la Sorbonne), Jean-Claude Rivière, Bernard Moreux, Jean Laffite, etc.
  2. De même que la jonction entre les deux lettres o et u existe également dans d'autres langues indo-européennes tel que le grec ou l'arménien.

RéférencesModifier

  1. Pierre Bonnaud, « L'écriture auvergnate unifiée », Bïzà Neirà, no 160,‎ , p. 1 (ISSN 0398-9453)
  2. « ALEP (Auvergnat littéraire et pédagogique) », sur http://cercleterredauvergne.fr/ ; site de la société savante Cercle Terre d'Auvergne. (consulté le 4 mars 2017)
  3. Fiches pédagogique "Cours de langue et de littérature auvergnate assurés par Pierre Bonnaud". Université Blaise Pascal (Années 1970-1980), Clermont-Ferrand
  4. Pierre Bonnaud, Grammaire générale de l'auvergnat à l'usage des arvernisants, Chamalières, CTA, coll. « Eubransa/Travaux », (ISSN 0398-9488)
  5. Pierre Bonnaud, Écrire l'auvergnat - Écriture auvergnate unifiée. Origines, principes, conventions, Clermont-Ferrand, CTA, (ISSN 0335-850X)
  6. Fazent chamï tra paï - Chemin faisant à travers pays : Recueil de textes - Auvergne Médiane (Limagnes du sud, Brivadois, Haut Allier) - Pour l'épreuve facultative de langue régionale du baccalauréat, Académie de Clermont-Ferrand, Centre régional de documentation pédagogique
  7. « Concours scolaire Eugène Chambon », sur http://cercleterredauvergne.fr/ ; site de la société savante Cercle Terre d'Auvergne
  8. Karl-Heinz Reichel, Grand dictionnaire général auvergnat-français, Nonette, Créer, , 878 p. (ISBN 2-8481-9021-3, lire en ligne), Introduction, 1 - L'écriture utilisée dans le dictionnaire : l'écriture auvergnate
  9. Karl-Heinz Reichel, Introduction de "Les parlers du Puy-de-Dôme et parlers voisins au Nord-Ouest et à l’Est", Thèse de philologie romane à l'Université Friedrich-Alexander d'Erlangen-Nuremberg, Nuremberg ; réédition Chamalières, CTA, , 410 p.
  10. « Auvergnat (langue) », sur http://cercleterredauvergne.fr/ ; site de la société savante Cercle Terre d'Auvergne
  11. Christiane Marsat, Jean Anglade, Jean Anglade raconte en langue auvergnate, publ. Chamalières , réal. Thiers, CTA,
  12. « Cercle Terre d'Auvergne », sur Comité des travaux historiques et scientifiques http://cths.fr/ (consulté le 1er mars 2017)
  13. « Bïzà Neirà », sur http://cercleterredauvergne.fr/ ; site de la société savante Cercle Terre d'Auvergne
  14. Pour une graphie adaptée aux caractéristiques de notre langue, dans Aguiaine bulletin de la SEFCO, tome XVI, 1er l., p2, no 108, 1982.
  15. Pierre Bonnaud, Nouveau Dictionnaire Général Français - Auvergnat, Nonette, Créer, , 776 p. (ISBN 2-909797-32-5, lire en ligne), p. Introduction au Nouveau dictionnaire général français-auvergnat ; pages 5 à 14..
  16. Publications du Cercle Terre d'Auvergne
  17. Publications mentionnées par le Cercle Terre d'Auvergne

Liens externesModifier