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En France, comme dans la grande majorité des pays, les études en architecture durent cinq ans et se déroulent dans l'une des vingt écoles nationales supérieures d'architecture (ENSA), placées actuellement sous la tutelle du Ministère de la Culture. Trois autres établissements, l’un public sous tutelle du Ministère chargé de l’enseignement supérieur (l'Institut National des Sciences Appliquées (INSA) à Strasbourg), deux autres privés (l’École spéciale d’architecture (ESA) à Paris et l'école internationale Confluence [1](à Lyon)) proposent également des formations. Elles mènent à des diplômes reconnus par le Ministère de la Culture, ou en cours de reconnaissance pour Confluence.

Les études d'architecture dans les ENSA sont organisées en trois cycles Licence-Master-Doctorat.

Près de 20 000 étudiants sont inscrits dans les vingt ENSA[2].

Sommaire

HistoriqueModifier

L’architecture est traditionnellement intégrée aux métiers liés à la mise en œuvre et l'édification de construction. Bien que ce lien se soit ténu dans une grande majorité des pays, au XIXe siècle, le système français s'est marginalisé en opérant une scission entre architecture et génie civil. L'architecture a alors été considérée comme l’une des quatre disciplines des beaux-arts, avec la gravure, la sculpture et la peinture.

Jusqu’en 1968, son enseignement était assuré par l’École des beaux-arts de Paris et ses 3 annexes en province (Lille, Bordeaux, Marseille) et qui dépendait de la section d’architecture de l’Académie des beaux-arts qui organisait les concours de sélection et d’émulation, en particulier le Prix de Rome dont les lauréats étaient récompensés par un séjour à la Villa Médicis au cours duquel ils avaient à produire plusieurs « envois », travaux graphiques longtemps basé sur le relevé des vestiges antiques et d'un projet d'envergure.

En 1968, les contestataires du mouvement étudiant revendiquent le rattachement à l'université. À la rentrée scolaire 1968-1969, le ministre de la culture André Malraux, pour rompre avec l’académisme, crée une douzaine d’« unités pédagogiques d'architecture » (UPA) dont six puis huit à Paris, les autres remplaçant les écoles d’architecture de Toulouse, Bordeaux, Marseille, Nancy, puis de nouvelles UPA à Rennes, Lyon, Rouen, Strasbourg[3], Saint-Étienne, etc. La section de l'école des beaux-arts de Paris ainsi disséminée, l'unité des disciplines des Beaux-Arts est rompue. Les nouvelles unités pédagogiques bénéficieront d’une relative indépendance pour gérer la formation qu’elles souhaitent délivrer, ce sans lien réel avec l'université[4].

Des réformes successives modifient le nombre d'années d'études. Pendant les années 70, la sixième année était l’équivalent d'une première année de thèse et l'équivalence a été accordée pendant 3 ans au niveau doctorat (source CCST - Commission Culturelle, Scientifique et Technique). Pendant les années 80 le diplôme est à niveau BAC + 6 et certains des étudiants travaillent comme salariés pendant 5 à 10 ans avant de présenter leur TPFE. Pendant les années 90, la longueur des études est rabaissée à 5 années. À la rentrée 1998, le tronc commun devient une formation en trois cycles de deux ans chacun.

Les études d'architecture sont organisées en trois cycles entre 1997 et 2007[5] :

  • Un premier cycle d'études générales d'une durée de deux ans, conduisant au diplôme de premier cycle des études d'architecture, diplôme national de l'enseignement supérieur ;
  • Un deuxième cycle d'études fondamentales d'une durée de deux ans, conduisant au diplôme de deuxième cycle des études d'architecture, diplôme national de l'enseignement supérieur ;
  • Un troisième cycle d'approfondissement des connaissances, conduisant soit au diplôme d'architecte diplômé par le Gouvernement (DPLG), soit à un diplôme national de troisième cycle de l'enseignement supérieur dans les domaines de l'architecture. Le troisième cycle conduisant au diplôme d'architecte DPLG est d'une durée de deux ans.

Il est accessibles après le baccalauréat sur sélection (dossier et entretien). À la fin des études, les étudiants devaient effectuer un stage pratique en agence de minimum 6 mois, et rédiger un mémoire accompagnant un projet (le TPFE, travail personnel de fin d’études) avec une préparation en moyenne de 1 an), lui permettait d'obtenir le diplôme d’architecte diplômé par le gouvernement avec ou sans mention.

Les anciennes UPA deviennent des « écoles d’architectures » puis en 2005 « écoles nationales supérieures d’architecture » (ENSA)[6]. Les réformes européennes consécutives au Processus de Bologne ont poussé les ENSA à consolider leur offre pédagogique. À ce jour en France, comme dans la quasi-totalité des pays, la formation initiale en cinq ans se dispense en deux cycles.

En 2015, Le Gouvernement publie une Stratégie nationale pour l'architecture (30 mesures, en six axes), dont une partie porte sur la formation, ainsi que sur l'articulation et le rapprochement des métiers de l'architecture avec l'univers des professionnels de la construction et du cadre de vie. Elle annonce notamment la création d'un statut d'enseignant-chercheur et une évaluation nationale de l'habilitation de l'architecte diplômé d’État à l'exercice de la maîtrise d'œuvre en son nom propre (HMONP).
La ministre invite à sensibiliser à l'architecture via notamment des formations sur les problématiques architecturales destinées aux fonctionnaires de l’État, aux collectivités territoriales et aux élus ; elle propose d'introduire dans les écoles des « fablab », des incubateurs et autres espaces de co-travail ou «coworking», et à créer des chaires partenariales de recherche[7]. Un « permis de faire » pourra être expérimenté, permettant à certaines conditions de déroger à certaines règles, afin de ne pas bloquer certaines innovations architecturales méritant d'être testées[7].

CursusModifier

Diplôme d'ArchitecteModifier

Les études d'architecture dans les ENSA sont organisées en trois cycles sur la base du schéma LMD (licence, master, doctorat) selon un programme établi par le ministère de la culture[8], et dont les modalités sont fixées par l'arrêté du 20 juillet 2005[9].

  • Le premier cycle d’études d’une durée de 3 ans conduit au diplôme d’études en architecture (DEEA) conférant le grade universitaire de licence .
  • Le second cycle d’études d’une durée de 2 ans conduit au diplôme d'État d’architecte (DEA) conférant le grade universitaire de master.
  • Le droit d'exercer est aujourd'hui conditionné par l'obtention d'une licence d'exercice appelée aussi « habilitation à l'exercice de la maîtrise d'œuvre en son nom propre » (HMONP) (3e cycle professionnel).
  • Un architecte HMONP peut exercer la profession d’architecte sous réserve d'être inscrit à l'Ordre des architectes.
  • D'autres formations post-diplômes de troisième cycle peuvent en outre mener à des diplômes de spécialisation et d’approfondissement en architecture (DSA), diplômes nationaux de l’enseignement supérieur, à des diplômes propres aux écoles d'architecture (DPEA), dont la durée de formation varie entre 1 et 2 ans.
  • Les ENSA de Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Strasbourg, Toulouse, Versailles et l'ESA de Paris proposent, en outre, une formation professionnelle continue (FPC) aux salariés engagés dans la vie professionnelle dans le domaine de l'architecture, de la construction ou de l'aménagement de l'espace désireux d'obtenir les diplômes du cursus d’architecture selon un emploi du temps aménagé.

Habilitation à l'exercice de la maîtrise d'œuvre en nom propre (HMONP)Modifier

L'habilitation à l'exercice de la maîtrise d'oeuvre en son nom propre est un diplôme délivré et reconnu par l'Etat à l'issue d'une formation complémentaire professionnalisante poste second cycle, d’une durée d’un an pouvant être suivie à tout moment de la vie professionnelle de l’architecte.

Elle comprend une formation théorique de 150 h minimum et une mise en situation professionnelle de six mois minimum. Elle est ouverte aux détenteurs du diplôme d'État d'architecte ou d'un diplôme équivalent.[10]

Elle permet à l’architecte diplômé d’État d’acquérir, d’approfondir ou d’actualiser ses connaissances dans trois domaines spécifiques : les responsabilités personnelles du maître d’œuvre, l’économie du projet ainsi que les réglementations et les normes constructives.

Le postulant doit faire la preuve qu’il a pris connaissance et intègre les règles et contraintes liées à l’exercice de mise en œuvre personnelle du projet, qu’il les maîtrise et qu’il a les capacités de les utiliser dans une démarche d’évaluation critique.[11]


La formation est ouverte aux candidats titulaires d’un diplôme d’État d’architecte ou d’un titre français ou étranger admis en équivalence du diplôme français.

Les candidats doivent fournir un dossier complet comprenant :

  • une lettre de motivation argumentée ;
  • un curriculum vitae détaillé ;
  • un contrat de travail (CDD ou CDI) ou une promesse d’embauche (CDD, CDI ou contrat « Passerelle ») mentionnant précisément la durée prévisionnelle du contrat et le montant de la rémunération qui ne pourra être inférieure au SMIC ; Le statut d’auto-entrepreneur peut être autorisé dès lors que l’ADE est inscrit à ce régime depuis au moins 12 mois.
  • un protocole entre le tuteur et l’ADE contenant une annexe sur les objectifs de la MSP qui devra être signée par le directeur d’études et le tuteur. L’annexe permet d’analyser la motivation professionnelle de l’ADE. Il doit effectuer un important travail préalable de réflexion avec son tuteur. L’annexe doit permettre de résumer le projet de l’ADE et de mieux cibler les objectifs de la MSP en définissant précisément ce qu’il fera dans l’agence. Une expérience de chantier est vivement souhaitable durant l’année de formation.

La MSP ne peut commencer qu’après la validation de la théorie en mars et doit se poursuivre jusqu’au dernier séminaire de novembre. Elle peut se prolonger jusqu’à fin février soit une durée possible de 11 mois.[12]

Elle peut être réalisée au sein de l’un des pays de l’Europe, dans la mesure où le diplôme obtenu en France permet d’exercer dans tous les pays de l’Union européenne en application de la directive européenne 2005/36/CE. Il sera toutefois nécessaire que l’ADE suive l’ensemble des séminaires mensuels. Sans quoi, la MSP ne pourra pas être validée.

Les lieux possibles de mise en situation professionnelle doivent correspondre à des lieux d’exercice réel de la maîtrise d’œuvre. Les agences d’urbanisme sont autorisées dès l’instant où ces structures inscrites à l’Ordre des architectes français font de la maîtrise d’œuvre et ont en leur sein un architecte maître d’œuvre inscrit à l’Ordre des architectes et ayant au moins 5 années de pratique de la maîtrise d’œuvre.[13]

RechercheModifier

Au-delà de l’initiation à la recherche présente en 2e cycle, un parcours spécifique permettant d’approfondir la préparation à la recherche est développé. Ce parcours permet la délivrance du DEA comportant une mention “recherche”. Un doctorat en architecture peut être préparé en 3 ans au sein des unités de recherche des ENSA, partenaires des écoles doctorales universitaires.

Le cycle du doctorat, en trois ans après le master, est consacré exclusivement à la formation à la recherche. Le titre de docteur est aujourd’hui l’une des étapes implicites pour la candidature aux postes d’enseignants dans les ENSA. Nombre d'écoles d'architecture françaises contribuent de plus en plus à des cycles doctoraux. Quelques écoles où les démarches scientifiques sont prônées depuis la mise en place des UPA après 1968, proposent aujourd'hui un cycle doctoral particulièrement structuré comme l'ENSA de Toulouse où se sont en moyenne 25 doctorants qui préparent une thèse au sein du Laboratoire de recherche en architecture (LRA) en étant rattachés, selon la nature des travaux, à 2 écoles doctorales complémentaires du l'Université de Toulouse : l'ED TESC (sciences humaines et sociales) et l'ED MEGeP (sciences et techniques).

Double cursusModifier

Quelques écoles d'architecture proposent un double parcours ingénieur-architecte en partenariat avec des écoles d'ingénieur. L'Ensa de Lyon et l'ENSA de Toulouse ont initié ce double parcours en 1996 : l'école nationale supérieure d'architecture de Lyon propose un double parcours avec centrale Lyon, l'INSA Lyon et l'ENTPE ; l'école nationale supérieure d'architecture de Toulouse permet un double parcours avec l'INSA Toulouse. D'autres Ensa ont intégré cette logique de double parcours vers 2007 : l'école nationale supérieure d'architecture de Paris-La Villette en partenariat avec l'ESTP (École spéciale des travaux publics) et l'EIVP (école des ingénieurs de la ville de Paris) et de l'école nationale supérieure d'architecture de Nantes (avec l'École Centrale de Nantes). En 2010 l'école nationale supérieure d'architecture de Marseille propose le double parcours avec l'École polytechnique universitaire de Marseille (Polytech'Marseille).
L'INSA de Strasbourg permet un double parcours en son sein, dans les deux sens, avec les filières GC (Génie Civil) ou GCE (Génie Climatique et Énergétique).

Plusieurs écoles d'ingénieur proposent par ailleurs un double cursus d'ingénieur-architecte, à l'instar des ENSA de Lyon et de Toulouse, l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées au sein du département "Génie Civil et Construction" en partenariat avec l'ENSAVT.

Liste des établissements supérieurs d'architectureModifier

Les études d'architecture sont organisées dans les écoles nationales supérieures d'architecture placées sous la tutelle du ministre chargé de l'architecture et, le cas échéant, dans d'autres établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel, habilités, seuls ou conjointement, à délivrer les diplômes. Cette habilitation est prononcée après une évaluation nationale périodique, dans le cadre d'un contrat passé avec l'État[14].

Les vingt écoles nationales supérieures d’architecture :

D’autres établissements sont reconnus équivalents aux ENSA[16] :

Notes et référencesModifier

  1. (en-US) « Confluence Institute », sur www.confluence.eu (consulté le 26 novembre 2018)
  2. Ministère de la Culture et de la Communication, « Les études supérieures d’architecture en France »,
  3. Sur ce thème, voir Michel Denès, «La refondation», Des Beaux-Arts à l’Université. Enseigner l’architecture à Strasbourg, Éditions Recherches/ENSA Strasbourg, 2013, p. 42, vol. 1. (ISBN 978-2-86222-087-1)
  4. Michel Denès, Le Fantôme des beaux-arts ; l'enseignement de l'architecture depuis 1968., éditions de la Villette, coll. « Penser l'espace », , 251 p. (ISBN 2-903539-48-0), p. 39.
  5. Décret no 97-1096 du 27 novembre 1997 relatif aux études d'architecture
  6. Décret no 2005-734 du 30 juin 2005 relatif aux études d'architecture, codifié dans le code de l’éducation aux articles R672-1 et suivants
  7. a et b Batiactu (2015) Stratégie nationale pour l'architecture : 30 mesures, 6 axes, Publié le 20/10/2015, consulté 21/10/2015
  8. Cursus sur le Site du Ministère de la Culture, consulté le 04/05/2014
  9. Arrêté du 20 juillet 2005 relatif aux modalités d'inscription dans les écoles d'architecture
  10. « Les cursus et les diplômes - Ministère de la Culture », sur www.culture.gouv.fr (consulté le 19 avril 2019)
  11. Arrêté du 10 avril 2007 relatif à l'habilitation de l'architecte diplômé d'Etat à l'exercice de la maîtrise d'oeuvre en son nom propre (lire en ligne)
  12. Arrêté du 20 juillet 2005 relatif à la structuration et aux modalités de validation des enseignements dans les études d'architecture. (lire en ligne)
  13. Ordonnance n° 2005-1044 du 26 août 2005 relative à l'exercice et à l'organisation de la profession d'architecte. (lire en ligne)
  14. Article R672-7 du code de l’éducation consulté sur Légifrance le 9 avril 2017
  15. a b c d e f g h i et j Article D718-5 du code de l’éducation consulté sur Légifrance le 9 avril 2017
  16. Article R672-8 du code de l’éducation consulté sur Légifrance le 9 avril 2017

Voir aussiModifier