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École du ski français

(Redirigé depuis École de ski français)
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Ne doit pas être confondu avec École de ski internationale.
Logo de l'ESF

L'École du ski français (ESF) est un groupement de 250 écoles de ski françaises regroupant 17 000 monitrices et moniteurs[1] de ski alpin, de ski nordique affiliés au Syndicat national des moniteurs du ski français, créé en 1945. C'est la plus grande école de ski au monde[2].

Sommaire

Dans le tempsModifier

ChronologieModifier

  • 1937 : Création de l'École française de ski
  • 1945 : Structuration de l'ESF
  • 1968 : Jeux olympiques de Grenoble, participant à la démocratisation du ski
  • 1978-1994 : Accords avec le Club Med
  • 1994 : Gilles Chabert devient président de l'ESF
  • 2000 : Développement international
  • 2015 : 70 ans de l'ESF

HistoireModifier

 
Leçon de ski de l'ESF aux Saisies

L'École du ski français est créée sur les fondements de l'« École française de ski », fondée en 1937 sous l'impulsion de Georges Blanchon, Émile Allais, Paul Gignoux, Charles Diebold, avec le soutien du ministre Léo Lagrange, en partenariat de la Fédération française de ski.

L'ESF est alors une pièce de l'offensive du ski français contre la domination du ski germanique, et notamment autrichien. Elle a pour mission de populariser la méthode française de ski, révolutionnaire et concurrente de la méthode autrichienne. La méthode française est mise au point par Émile Allais, Paul Gignoux et, paradoxalement, l’Autrichien Anton Seelos, entraîneur de l'équipe de France (signe de la tutelle germanique, jusqu'à cette époque, sur ce sport). Cette technique, très innovante, est basée sur le parallélisme des skis, la plongée en avant, l'étude systématique des dérapages (biais, latéral), indispensables aux virages rapides, voire la ruade du christiania pur.

La technique française est popularisée par les victoires françaises aux Championnats du monde de ski alpin de 1937 (Émile Allais), et 1938 (James Couttet) et par les films de Marcel Ichac. Il s'agit des films d'enseignement technique : Vive le ski (1935), Ski français (1938), Ski de France (1947), puis Voici le ski-Christiania léger (1957). Y participent aussi des films des compétitions sportives, des films de propagande touristique et autres, destinés également à écorner la domination germanique dans le cinéma de montagne).

L'objectif de l'ESF est de permettre l'apprentissage du ski au plus grand nombre de curieux et ainsi permettre d'accélérer l'essor de ce sport, pour cela l'idée était de créer une organisation avec des moniteurs agréés et compétents, après avoir obtenu un diplôme reconnu par l'État.

À ses débuts, l'ESF se constitue de deux cents moniteurs répartis sur 41 stations, mais le ski n'est pas encore une activité populaire et est essentiellement pratiqué par les locaux. De plus, la Seconde Guerre mondiale en ralentit sérieusement le développement. Ce n'est qu'à la fin de celle-ci que l'essor de l'ESF va réellement débuter.

En 1945, Gastion Cathiard offre une base à l'ESF. Il instaure la tenue rouge, toujours en vigueur aujourd'hui, crée le premier logo et met en place le système de récompenses.

Dans les années 1960, le plan neige de Georges Pompidou, surnommé « cul dans la neige » dans le langage populaire, offre une véritable démocratisation des sports d'hiver. L'école du ski français suit alors le mouvement et passe de 1 700 moniteurs à 5 500 en une décennie.

Cependant, des tensions naissent entre les moniteurs, dues à une volonté d'élargissement urbain. Certains quittent alors la structure pour en créer une nouvelle : en 1977, c'est la naissance de l'École de ski internationale (ESI). Cette dernière va s'accroitre petit à petit mais l'ESF conserve sa domination dans l'univers du ski.

Aujourd'huiModifier

En 2017, 17 000 moniteurs sont répartis dans 200 écoles. L'ESF capte 85 % des parts de marché du ski en France et réalise plus de 260 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel.

Chaque année l'ESF forme plus de 2 millions d'élèves.

FonctionnementModifier

 
Promotion de l'ESF dans la Caravane publicitaire du Tour de France 2014.

L'ESF est un important vivier d'emploi pour les habitants des zones montagnardes qui se trouvent aux alentours des grandes stations. Agriculteurs et saisonniers y trouvent, après avoir obtenu le diplôme d'État et une place dans l'équipe d'une station, un revenu durant la période hivernale d'inactivité ou de faible activité. Chaque moniteur reverse une partie de ses honoraires à l'ESF de sa station et bénéficie aussi d'une caisse commune solidaire.

L'ESF n'est pas une entreprise dans le sens premier du terme. En effet les moniteurs sont en réalité des travailleurs libéraux affiliés à un syndicat qui gère leur clientèle.

Dans chaque école, un directeur est élu pour représenter les moniteurs, et à la tête de cet ensemble se trouve un président. Depuis 1994 la présidence de l'ESF est assurée par Gilles Chabert. Ancien moniteur, il dirige l'ESF depuis son bureau situé à Meylan. Il se bat pour les droits de ses moniteurs et cherche en permanence à développer l'ESF. En 2002, il obtient à Bruxelles une dérogation au règlement européen de libre circulation des travailleurs communautaires, qui a pour finalité de nécessiter un diplôme d'État français pour exercer la profession de moniteur sur le territoire français.

Gilles Chabert est aussi conseiller régional d'Auvergne-Rhône-Alpes et, du fait de ses années d'expérience, possède un véritable carnet d'adresse politique, ce qui lui vaut d'être surnommé « l'homme le plus puissant au dessus de 1 000 mètres » par l'ancien ministre Hervé Gaymard[3].

Contenu des enseignements et évaluationsModifier

Employé par les vacanciers et par les classes de neige, le moniteur donne des leçons individuelles ou en groupe. Toute une échelle d'évaluations est construite et validée par des épreuves d'exécution technique donnant droit à l'insigne du niveau obtenu.

SkiModifier

 
Insigne du niveau 2 étoiles en 1949.

En ski alpin, chez les enfants, pour le niveau technique général du débutant à l'expert on obtient:

  1. Piou-piou (avec des déclinaisons : Blanchot, Sifflote, Garolou)
  2. Ourson
  3. Flocon
  4. Première étoile
  5. Deuxième étoile
  6. Troisième étoile
  7. Étoile de bronze
  8. Étoile d'or

Les adultes observent une autre classification, déclinée sur trois niveaux :

  1. Classe 1
  2. Classe 2
  3. Classe 3

Ensuite des grades sont décernés sur épreuves chronométrées par secteur de spécialisation, en niveau bronze, argent, vermeil, or :

  • Slalom spécial : le Chamois
  • Slalom géant : la Flèche
  • Descente : la Fusée
  • Saut de tremplin : le Saut (anciennement Aiglon)
  • Une compétence sur trois domaines permet d'avoir l'insigne combinée : le Ski

Ces diverses compétitions sont accessibles à tout à chacun après une simple inscription auprès des bureaux ESF.

SnowboardModifier

Comme le ski, le snowboard connaît une classification par niveau, divisée en deux catégories, enfants et adultes[4].

Pour les enfants, du débutant à l'expert :

  1. Le Goomie Rider
  2. Le Rookie Rider
  3. L'Izzy Rider

Pour les adultes :

  1. Snowboard découvert
  2. Premier snowboard
  3. Deuxième snowboard
  4. Troisième snowboard
  5. Snowboard expert

Certaine station propose aussi des compétitions, accessibles uniquement après le Deuxième snowboard, qui consistent en un enchaînement de différentes figure par rapport à un temps d'ouverture. Les récompenses se déclinent en Boarder de bronze, d'argent, de vermeil et d'or.

AutresModifier

D'autres catégories récompensent le ski nordique, avec deux types d'insignes : la Trace et le Lièvre.

L'ESF c'est aussi l'enseignement du ski freestyle, freeride, de l'handiski, des raquettes et d'un grand nombre d'activité des sports d'hivers, lesquelles ne donnent toutefois pas lieu à des récompenses liées à des niveaux de pratique.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Site officiel des ESF
  2. Annie Barbaccia, « A 70 ans, l'ESF réinvente le ski des adultes », sur Le Figaro, (consulté le 18 novembre 2015)
  3. Prisma Media, « L’École du ski français (ESF) : la plus grande école de ski du monde », sur Capital.fr (consulté le 28 avril 2017)
  4. « Accueil », sur www.snowboard-esf.fr (consulté le 28 avril 2017)
  5. ENSA, catalogue 2011