Ça (psychanalyse)

concept psychanalytique

Le Ça (en allemand : Es), notion qui doit son origine à Georg Groddeck, est devenu chez Sigmund Freud, notamment avec son ouvrage Le Moi et le Ça (1923), l'une des trois instances de la seconde topique correspondant principalement à l'inconscient de la première topique, même si des contenus inconscients se trouvent également dans les deux autres instances que sont le Moi et le Surmoi.

DéfinitionModifier

 
Baden-Baden, monument pour le Es-Punkt (« Point Es ») : « Ici se trouvait la cabane où, en 1921, Georg Groddeck écrivit Das Buch vom Es ». Freud a emprunté la notion de Es (« ça ») à Groddeck.

Le ça (en allemand : das Es) désigne, sous la forme substantivée du pronom personnel de la troisième personne du singulier, au genre neutre, l'une des trois instances de la seconde théorie de l'appareil psychique élaborée par Freud [1]. Selon Laplanche et Pontalis, il « constitue le pôle pulsionnel de la personnalité »[1]. Les « contenus, expression psychique des pulsions », du ça sont inconscients, « pour une part héréditaires et innés, pour l'autre refoulés et acquis »[1].

Si, du point de vue économique, le ça est « le réservoir premier de l'énergie psychique », il entre, du point de vue dynamique, « en conflit » avec le moi et le surmoi qui, du point de vue génétique, en sont des différenciations[1].

HistoriqueModifier

Sigmund Freud introduit le terme das Es dans Le moi et le ça (Das Ich und das Es, 1923) ; il emprunte ce terme à Georg Groddeck en citant le précédent de Friedrich Nietzsche chez qui cette notion désignerait « ... ce qu'il y a de non-personnel et, pour ainsi dire, de nécessaire par nature dans notre être »[1]. Selon Laplanche et Pontalis, Freud retient le Es de Grodeck dans la mesure où l'expression illustre l'idée que « ... ce que nous appelons notre moi se comporte dans la vie d'une façon toute passive et que [...] nous sommes “vécus” par des forces inconnues et immaîtrisables » ; l'expression concorde aussi avec certaines formules de patients comme « ça a été plus fort que moi, ça m'est venu tout d'un coup, etc. »[1].

Le terme est introduit par Freud au moment de son remaniement topique des années 1920-23[1],[2]. Outre la définition d'une nouvelle topique, dans laquelle le ça va occuper la place qu'avait l'inconscient dans la topique précédente, la grande refonte freudienne des années 1920-1923 se caractérise également par le remaniement de la théorie des pulsions et par l'élaboration d'une nouvelle psychologie du moi « prenant en compte ses fonctions inconscientes de défense et de refoulement »[2].

Le ça de la seconde topique freudienneModifier

 
Seconde topique freudienne vue par rapport à la première.

À la suite de ses travaux sur les pulsions et le refoulement (circa 1915), Sigmund Freud élabore à partir de 1920 la seconde topique, qui ne remplace pas la première mais se superpose à celle-ci. Il introduit alors dans Le Moi et le Ça (1923) une nouvelle interprétation du fonctionnement de l'appareil psychique reposant sur trois instances.

« Nous donnons à la plus ancienne de ces provinces ou instances psychiques le nom de Ça ; son contenu comprend tout ce que l'être apporte en naissant, tout ce qui a été constitutionnellement déterminé, donc, avant tout, les pulsions émanées de l'organisation somatique et qui trouvent dans le Ça, sous des formes qui nous restent inconnues, un premier mode d'expression psychique. »

— Sigmund Freud, Abrégé de psychanalyse, 1938

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f et g Jean Laplanche, Jean-Bertrand Pontalis, Vocabulaire de la psychanalyse (1967), PUF-Quadrige, 2004: entrée « Ça (subst.)», p. 56-58.
  2. a et b Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Paris, Fayard, coll. « La Pochotèque », (1re éd. 1997), 1789 p. (ISBN 978-2-253-08854-7), p. 231-233.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

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Textes de référenceModifier

ÉtudesModifier

Articles connexesModifier

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