Ouvrir le menu principal

Æthelwold de Wessex

prince du Wessex, roi des Danois de Northumbrie et d'Est-Anglie
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Æthelwald.

Æthelwold
Illustration.
Monnaie d'Æthelwold
Titre
Prétendant au trône du Wessex
Prédécesseur Alfred le Grand
Successeur Édouard l'Ancien
Biographie
Date de décès
Père Æthelred
Mère Wulfthryth ?
Fratrie Æthelhelm
Liste des rois du Wessex

Æthelwold est un prince de la maison de Wessex mort en 902.

Fils du roi Æthelred de Wessex, il est écarté de la succession à la mort de son père, en 871, au profit de son oncle Alfred. Il revendique le trône à la mort d'Alfred, en 899, contre le fils de ce dernier, Édouard. Il obtient le soutien des Danois de Northumbrie et d'Est-Anglie, qui le reconnaissent comme roi. Ses troupes remportent la bataille du Holme, mais il trouve la mort sur le champ de bataille. Édouard règne dès lors sans opposition.

Sommaire

ContexteModifier

 
L'Angleterre en 878, partagée entre le Danelaw et les royaumes anglo-saxons (Wessex et Mercie occidentale).

Au début du IXe siècle, le Wessex supplante la Mercie comme royaume dominant du sud de la Grande-Bretagne. Dans les années 820, le roi Egbert de Wessex conquiert les différentes régions du sud-est de l'île (Kent, Surrey, Sussex et Essex). Son règne est également marqué par les premiers raids vikings sur les côtes anglaises, mais Egbert et son fils Æthelwulf, qui lui succède en 839, parviennent à les repousser. À sa mort, en 858, Æthelwulf laisse quatre fils. L'aîné, Æthelbald, meurt en 860, suivi par son frère Æthelberht en 865. Le troisième fils, Æthelred, monte alors sur le trône.

La même année, la Grande Armée viking débarque en Angleterre. En l'espace de cinq ans, elle conquiert la Northumbrie et l'Est-Anglie et contraint la Mercie à lui payer tribut. Elle s'attaque au Wessex à la fin de l'année 870. Quatre batailles l'opposent aux forces menées par Æthelred et son frère cadet Alfred au début de l'année suivante. Les deux dernières se soldent par des défaites pour les Anglais, et Æthelred meurt peu après Pâques, ne laissant que deux jeunes fils. La primogéniture n'ayant pas encore cours, c'est Alfred, qui a l'avantage d'être adulte, qui lui succède.

Le début du règne d'Alfred est difficile. En 878, il est contraint de se réfugier dans les marécages du Somerset pour échapper aux Vikings, qui ont conquis la Mercie orientale et menacent d'en faire autant avec le Wessex. Il parvient néanmoins à renverser la tendance en remportant une victoire cruciale à Ethandun. Après quelques années de paix, Alfred conclut un traité avec Guthrum, le roi des Vikings d'Est-Anglie, qui définit la frontière entre le Wessex et la Mercie occidentale d'un côté et le Danelaw de l'autre. Une nouvelle offensive viking prend place vers le milieu des années 890, mais elle s'avère infructueuse.

BiographieModifier

JeunesseModifier

 
Le testament d'Alfred le Grand comprend la première mention d'Æthelwold.

Les informations concernant la famille proche d'Æthelwold sont parcellaires. Son père Æthelred étant né vers 848, lui et son frère Æthelhelm doivent être encore très jeunes à sa mort, en 871. Leur mère pourrait être la reine Wulfthryth qui témoigne sur une charte de 868[1].

Æthelwold et Æthelhelm sont mentionnés pour la première fois dans le testament d'Alfred le Grand, rédigé dans les années 880. Æthelhelm n'est plus mentionné par la suite, ce qui laisse penser qu'il est mort peu de temps après[2]. Le roi y lègue la majeure partie de ses domaines à son fils Édouard. Æthelhelm reçoit huit propriétés et Æthelwold, seulement trois, toutes situées dans la partie orientale du royaume, la moins importante : Godalming et Guildford, dans le Surrey, ainsi que Steyning, dans le Sussex. Ce dernier est le plus important des trois, et c'est également là qu'est inhumé Æthelwulf, le père d'Alfred. C'est peut-être pour priver son neveu du prestige lié à la présence d'une sépulture royale qu'Alfred fait déplacer le corps de son père à Winchester[3],[4].

La seule autre mention d'Æthelwold du vivant d'Alfred est une charte des années 890 sur laquelle il figure comme témoin[5]. Édouard et lui y apparaissent tous deux avec le titre de filius regis, « fils de roi », mais Æthelwold apparaît avant son cousin, ce qui implique qu'il est de rang supérieur[6],[7].

RévolteModifier

 
Le Wessex à l'époque anglo-saxonne.

À la mort d'Alfred, en 899, Æthelwold tente de s'emparer du trône. D'après le manuscrit A de la Chronique anglo-saxonne, il enlève une nonne dans le but de l'épouser, au mépris des ordres d'un évêque et sans la permission d'Édouard. L'identité de cette nonne est inconnue, mais Æthelwold cherche vraisemblablement à renforcer sa légitimité en épousant une femme importante. Il se rend au manoir royal de Twynham (Christchurch), puis à celui de Wimborne, où il déclare être prêt à mourir. Situé près des routes romaines conduisant à Dorchester et à Salisbury, Wimborne est un lieu hautement stratégique, qui commande également des ponts sur l'Allen et la Stour. Æthelwold envisage peut-être un partage du Wessex avec Édouard, partage qui lui laisserait la moitié occidentale du royaume[8].

En dépit de ses déclarations, Æthelwold, incapable de réunir suffisamment de troupes pour affronter son frère, s'enfuit de Wimborne en abandonnant son épouse lorsque l'armée d'Édouard arrive à Badbury Rings, un fort de l'âge du fer situé à six kilomètres à l'ouest de la ville. Il se réfugie auprès des Danois du royaume viking d'York, qui le reconnaissent comme roi. Des pièces de monnaies frappées à cette époque portent le nom d'un roi Alwaldus qui doit être Æthelwold[9].

La Northumbrie n'est vraisemblablement qu'une base arrière aux yeux d'Æthelwold. Dès 901 ou 902, il rassemble une flotte et fait voile vers l'Essex, où il pourrait avoir été reconnu comme roi par les Danois de la région. Avec l'aide des Vikings d'Est-Anglie, il lance une offensive en Mercie et s'enfonce jusqu'au burh de Cricklade, à la frontière du Wessex. Il franchit la Tamise et ravage la région de Braydon. Édouard réplique en menant un raid en Est-Anglie, mais il bat en retraite sans affronter son cousin. Les hommes du Kent s'attardent et sont rattrapés par les Danois, à un endroit appelé « le Holme » par la Chronique anglo-saxonne (peut-être Holme, dans le Cambridgeshire). La bataille qui s'ensuit se solde par une victoire danoise, mais au prix de lourdes pertes. Æthelwold est tué, de même que le roi Eohric et les holds (nobles) Ysopa et Oscetel. Les hommes du Kent perdent quant à eux leurs deux ealdormen, Sigewulf et Sigehelm, ainsi qu'un abbé nommé Cenwulf[10].

RéférencesModifier

  1. Yorke 2001, p. 35.
  2. Yorke 2001, p. 30-31.
  3. Wormald 2001, p. 270.
  4. Lavelle 2009, p. 58-59.
  5. Lavelle 2009, p. 56.
  6. Yorke 2001, p. 31.
  7. Keynes et Lapidge 1983, p. 235-236.
  8. Lavelle 2009, p. 68.
  9. Blunt 1985, p. 192-194.
  10. Hart 1992, p. 514-515.

BibliographieModifier

  • (en) C. E. Blunt, « Northumbrian Coins in the Name of Alwaldus », British Numismatic Journal, vol. 55,‎ , p. 192-194 (ISSN 0143-8956, lire en ligne).
  • (en) Cyril Hart, The Danelaw, Londres, The Hambledon Press, (ISBN 1-85285-044-2).
  • (en) Simon Keynes et Michael Lapidge, Alfred the Great: Asser's Life of King Alfred and other contemporary sources, Penguin Classics, (ISBN 978-0-14-044409-4).
  • (en) Ryan Lavelle, « The Politics of Rebellion: The Ætheling Æthelwold and the West Saxon Royal Succession, 899–902 », dans Patricia Skinner, Challenging the Boundaries of Medieval History: The Legacy of Timothy Reuter, Turnhout, Brepols, (ISBN 978-2-503-52359-0).
  • (en) Patrick Wormald, « Kingship and Royal Property from Æthelwulf to Edward the Elder », dans N. J. Higham et D. H. Hill, Edward the Elder 899–924, Abingdon, Routledge, (ISBN 0-415-21497-1).
  • (en) Barbara Yorke, « Edward as Ætheling », dans N. J. Higham et D. H. Hill, Edward the Elder 899–924, Abingdon, Routledge, (ISBN 0-415-21497-1).

Lien externeModifier