Peter Kemp (écrivain)

Militaire et écrivain britannique
Peter Kemp
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 78 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Trinity College
Wellington College (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Soldat, agent du SOE, écrivain, requetéVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Conflits

Peter Kemp, né le à Bombay, et mort le à Londres, est un militaire et écrivain anglais. Il est connu pour avoir participé à la guerre d’Espagne, ainsi que, durant la Seconde Guerre mondiale, pour avoir été membre du Special Operations Executive.

Biographie modifier

Peter Mant MacIntyre Kemp (-, DSO-1945). Né à Bombay, en Inde britannique, son père est un haut fonctionnaire de l'empire colonial britannique, Sir Norman Wright Kemp Kt. Diplômé en lettres classiques et en droit du Trinity College de Cambridge, il se destine à la carrière d'avocat quand la guerre d'Espagne commence, en .

Anticommuniste et antinazi viscéral, il combat du côté franquiste de à l’été 1938, d’abord avec les Carlistes — le Carlisme est un mouvement politique légitimiste catholique espagnol apparu dans les années 1830 — puis, fait rare, comme officier de la Légion espagnole (la Bandera, créé en 1920), dont il commande une section[1]. Plusieurs fois blessé, dont gravement à la mâchoire par un éclat de mortier en 1938 ; il est décoré par le gouvernement nationaliste de la croix de l'Ordre du Mérite Militaire (Rioja Cruz).

Nommé sous-lieutenant sans spécialité (General List) le [2], il est versé le 1er juillet dans l’Intelligence Corps[3], le corps du renseignement militaire.

Il rejoint dans un premier temps le service de renseignement militaire, le Military Intelligence Research ou MI (R), ancêtre du SOE.

Le capitaine Kemp, membre du Small Scale Raiding Force (SSRF, ancêtre du Special Boat Squadron de la Royal Navy) participe à des raids commando sur les îles Anglo-normandes et sur les côtes de la Manche, dont celui visant le sémaphore de la pointe de Plouézec (Côtes d’Armor) dans la nuit du 11 au (opération "Fahrenheit").

Agent du SOE, il est parachuté en Albanie en 1943, il passe plusieurs mois auprès de groupes de résistants communistes et anticommunistes. Vendu aux Allemands par des partisans kosovars, il réussit à s’échapper par le Monténégro en .

À la fin 1944 il est parachuté en Pologne occupée avec une équipe du SOE (mission Freston). Les hommes du colonel Duane Tyrell Hudson (1910-1995, DSO-1942, OBE-1945) sont arrêtés par l’Armée rouge et détenus par le NKVD soviétique dans des conditions épouvantables jusqu’au lendemain de la signature des accords de Yalta, en .

Volontaire pour rejoindre la Force 136 du SOE en Asie du Sud-Est, son équipe est parachutée en Thaïlande en peu avant celle du colonel David Smiley. Il contribue à la libération des camps d'internement des soldats alliés, contraints par les Japonais au travail forcé pour la construction de la célèbre voie de chemin de fer immortalisée par le film Le Pont de la rivière Kwaï. Avec les autres militaires britanniques, ils assistent les Français qui combattent le Vietminh, aidé à cette époque par les agents de l'OSS du colonel Aaron Bank.

Il est nommé à la tête de la Mission alliée (Advanced Allied Mission) des îles de Bali et Lombok, chargée de préparer le retour des Hollandais dans l’archipel indonésien. En effet, en Asie du Sud-Est, les Alliés assurent le maintien de l’ordre avec le soutien des soldats japonais, utilisés aussi comme supplétifs pour contenir les mouvements indépendantistes opposés aux puissances coloniales occidentales[4].

Commandant à titre temporaire, il reçoit le Distinguished Service Order le [5] pour services valeureux et distingués sur le champ de bataille puis reçoit une citation (Mentioned in Despatch) le pour services courageux et distingués en Asie du Sud-Est au sein du SOE[6].

En 1946, après la dissolution du SOE, il rejoint le Secret Intelligence Service, le MI6. À ce titre il participe aux opérations d'infiltrations en Albanie de 1949 au printemps 1951 (projet Valuable).

Atteint de la tuberculose contractée en Asie, il doit quitter l’armée ; il est promu capitaine de réserve et commandant honoraire du Corps du Renseignement le [7].

Il est correspondant de guerre en Hongrie lors de l'insurrection de Budapest, en , puis entame une carrière d'écrivain, tout en travaillant dans les assurances jusqu'en 1980.

Il est notamment l’auteur de : Mine Were of Trouble (Londres - Cassell – 1957) sur la guerre d’Espagne (où il a été publié sous le titre Legionario en Espana[8], No Colours or Crest (Londres - Cassell – 1958) sur l’Albanie et les Balkans, et d'une autobiographie The Thorns of Memory : One of the Twentieth Century's Great Adventurers (Londres - Sinclair-Stevenson – 1990).

Il a par ailleurs aidé le colonel David Smiley dans l’écriture de son livre Arabian Assignment. Son action au sein du SOE, dans les Balkans et en Thaïlande, est détaillée dans les mémoires de David Smiley, Au cœur de l’action clandestine. Des Commandos au MI6.

Notes modifier

Sources et références modifier

  • (en) No Colours or Crest de Peter Kemp, 1958, Cassell, Londres
  • (en) Fiche Peter Kemp, avec photographies : voir le site Special Forces Roll of Honour
  • Colonel David Smiley Au cœur de l’action clandestine. Des Commandos au MI6, L’Esprit du Livre Éditions, 2008 ( (ISBN 978-2-915-96027-3)), avec un cahier de photographies. Traduction de (en) Irregular Regular, Michael Russell, Norwich, 1994 ( (ISBN 0-859-55202-0)). Les mémoires d'un officier du SOE en Albanie en 1943-44 puis du SOE en Asie du Sud-Est et enfin du MI6 après guerre (Pologne, Albanie, Oman, Yémen).
  • Antony Beevor La guerre d'Espagne, éd. Calmann-lévy, 2006, 680 p. ( (ISBN 978-2-702-13719-2)), où Kemp est cité à deux reprises.
  • Colonel Jean Sassi et Jean-Louis Tremblais (en collaboration avec), Opérations spéciales, 20 ans de guerres secrètes : Résistance, Indochine, Algérie, Paris, Nimrod, (ISBN 978-2-915-24317-8). Cahier photos. Les commandants Peter Kemp et Rowland Winn y sont cités.
  • Erwan Bergot Commandos de choc en Indochine. Les Héros oubliés, Grasset, 1975. Les commandants Peter Kemp et Rowland Winn y sont cités.
  • Colonel Jean Le Morillon Un breton en Indochine. Mission "Oiseau mouche", Cheminements, Collection Gens d’Ici, 2000 ( (ISBN 2-844-78106-3)). Cahier de photographies et de documents. Peter Kemp y est cité.
  • Claude Faure Aux Services de la République, du BCRA à la DGSE, Fayard, 2004. Peter Kemp y est cité.
  • Roger Faligot Les services spéciaux de sa Majesté, Messidor/ Temps Actuels, 1982
  • Nicholas Bethell La grande trahison, Flammarion, 1985
  • (en) Stephen Dorril MI6 : Inside the Covert World of Her Majesty's Secret Intelligence Service, The Free Press, New York, 2000 ( (ISBN 0-743-20379-8)). La référence sur le MI6. Toutes les opérations clandestines du service sont détaillées. Index en ligne. P. Kemp est cité plusieurs fois
  • (en) E. Bruce Reynolds Thailand’s Secret War. The Free Thai, OSS, and SOE during World War II, Cambridge University Press, 2004. Ce livre détaille notamment les opérations de la Force 136 en Asie. Extraits en ligne
  • (en) Julie Summers The Colonel of Tamarkan. Philip Toosey and the Bridge on the River Kwai, Simon & Schuster, Londres, 2005
  • (en) Nécrologie du journal The Independent
  • (en) Journal officiel britannique, la London Gazette