Bob Denard

      Bob Denard

      Nom de naissance Robert Denard
      Surnom Bob Denard
      Naissance 7 avril 1929
      Grayan-et-l'Hôpital
      Décès 13 octobre 2007
      Nationalité Drapeau : France Française
      Pays de résidence France, Comores
      Diplôme Brevet d'armes de la marine nationale 1947
      Profession Marin fusilier-commando, Mercenaire
      Activité principale Mercenariat
      Autres activités Conseiller politique pour plusieurs présidents africains
      Formation Marine nationale, Mécano moteur, Fusilier commando
      Enfants 8 enfants

      Bob Denard, né Robert Denard le 7 avril 1929 à Grayan-et-l'Hôpital en Gironde et mort à Paris le 13 octobre 2007[1], est un mercenaire français. Il a été impliqué dans de nombreux coups de force en Afrique.

      Biographie

      Un mercenaire anticommuniste

      Robert Denard est fils d'un militaire des troupes coloniales[2]. À 16 ans, en 1945, il s'engage dans la marine et rejoint l'école des apprentis mécaniciens de Saint-Mandrier[3]. Breveté matelot mécanicien, il part ensuite comme volontaire pour l'Indochine en tant que matelot seconde classe. Les modalités de son passage de la spécialité de mécanicien à celle de fusilier marin restent inconnues. Devenu quartier-maître dans les fusiliers marins en Indochine, il quitte l'armée en 1952 après une altercation dans un bar[4] et accepte une place de conducteur d'engins et de mécanicien au Maroc. Il entre ensuite dans la police de ce pays toujours sous protectorat français. En 1954, il a été reconnu coupable de complot pour assassiner le Président du Conseil Pierre Mendès France et condamné à 14 mois de prison[5].

      À partir des années 1960, anti-communiste convaincu [réf. nécessaire], il intervient dans les tumultueux conflits post-coloniaux. Il participe à des opérations militaires impliquant des mercenaires en Rhodésie (actuel Zimbabwe) en 1977, au Yémen, en Iran, au Nigeria, au Bénin, au Gabon (où il est instructeur de la garde présidentielle), en Angola en 1975, au Cabinda en 1976, au Zaïre et aux Comores, l'un des pays les plus instables de la planète.

      De 1960 à 1963, il sera l'un des chefs des « affreux » de l'État du Katanga soutenant Moïse Tshombé qui vient de déclarer l'indépendance du Katanga, une ancienne province du Congo belge, le 11 juillet 1960. Il s'est notamment distingué en faisant défiler tous ses officiers, qu'ils soient noirs ou blancs, dans une stricte égalité (jusque là, les blancs passaient en premier). Le 21 janvier 1963 lors de la chute de Kolwezi et de la défaite des mercenaires, ces derniers se réfugient en Angola avec l'accord du régime portugais. Ils seront rapatriés en France où ils seront accueillis par les gendarmes.

      Puis, il part d’août 1963 à la fin 1964 pour le Yémen pour le compte du MI6[6] avec 17 mercenaires, dont le célèbre Roger Faulques, ancien officier parachutiste de la Légion étrangère, dans la 1re armée royaliste, financée par l'Arabie saoudite, contre les républicains soutenus par 40 000 soldats égyptiens envoyés par Nasser.

      L'ensemble des mercenaires est placé sous le contrôle du colonel britannique David Smiley, ancien officier du Special Operations Executive durant la seconde guerre mondiale. Dans son livre Arabian Assignment[7], David Smiley rapporte que les mercenaires français et belges alternaient entre les théâtres yéménites et congolais, car au Congo ils avaient femmes et alcool à volonté mais étaient rarement payés, tandis qu’au Yémen ils étaient rémunérés mais privés de femmes et d’alcool.

      Bob Denard revient fin 1964 dans l'ex-Congo belge, à la tête du 1er choc qu'il met sur pied le 22 février 1965[8]. En recrutant des mercenaires issus des troupes parachutistes et de la Légion étrangère ainsi que des Katangais, il forme cette petite troupe qui prend le surnom de « Katangais. » Celle-ci contribue à la victoire sur les rebelles communistes menés par Gbenie, Soumialot et Mulele, largement due au colonel Schramme et à son Bataillon Léopard En intervenant sur un territoire vaste comme la moitié de la France et en relevant de nombreux morts et blessés dans ses rangs, ce Bataillon permettra à la population de réintégrer leur villes et villages.

      Il faut noter que Jean Schramme[9], ancien colon, instructeur et commandant du « Bataillon Léopard », où il atteindra le grade de colonel, décrit dans son ouvrage autobiographique Bob Denard comme un lâche et un irresponsable qui n'a jamais fait partie du Bataillon Léopard, incapable d'assumer ses décisions, entraînant ses Katangais à leur perte, et le Congo vers le désordre.

      Denard intervient de nouveau pour le MI6[6] en Angola en 1975 avec l'UNITA de Jonas Savimbi.

      L'homme fort des Comores

      Denard intervient une première fois dans la République fédérale islamique des Comores qui avait, unilatéralement, proclamé son indépendance le 6 juillet 1975. Il intervient en septembre 1975 pour consolider le coup d'État d'Ali Soilih, arrête le président Ahmed Abdallah qui venait de proclamer l'indépendance, et le remplace par Ali Soilih.

      En janvier 1977, il échoue dans une tentative de coup d'État destinée à renverser le régime de la République populaire du Bénin. Il est ensuite pressenti[6] en 1977 pour déstabiliser le régime de James Mancham aux Seychelles. En 1978, il retourne aux Comores avec 43 hommes pour renverser le régime révolutionnaire de Soilih et replace alors Ahmed Abdallah au pouvoir. Ali Soilih meurt dans des circonstances non élucidées le 29 mai 1978.

      Bob Denard s'occupe dès lors d'organiser une garde présidentielle forte de 600 comoriens[10] encadrés par une poignée d'officiers européens[11] qui entrent en concurrence avec les forces armées comoriennes. Il se marie sur place, se convertit à l'islam sous le nom de Saïd Mustapha Mahdjoub, s'occupe de développement (construction de routes, ferme de 600 ha à Sangali, etc). Son autorité est alors incontestée. La RFI des Comores devient le centre d'un réseau parallèle qui permet à l'Afrique du Sud, sous embargo international, de se fournir en armes. Elle sert également de base logistique à l'Afrique du Sud pour ses opérations militaires contre les pays africains qui lui sont hostiles : le Mozambique et l'Angola.

      En 1989, Ahmed Abdallah signe un décret donnant l'ordre à la Garde présidentielle, dirigée par Denard, de désarmer les forces armées pour cause de coup d'État probable[réf. nécessaire]. Quelques instants après la signature du décret, un officier des forces armées serait entré dans le bureau du président Abdallah et l'aurait abattu, blessant également Bob Denard.

      Dans la nuit du 27 au 28 septembre 1995, Denard renverse Said Mohamed Djohar avec une trentaine d'hommes débarqués de Zodiacs sur les côtes comoriennes. Il ouvre aux journalistes le vieil aéroport de Moroni et son camp retranché de Kangani pour éviter l'intervention de 600 hommes des forces françaises (GIGN, commandos Marine de Djibouti, 2e RPIMa). Cerné, il négocie une amnistie pour les insurgés avant sa reddition[12].

      De retour en métropole, il se retire dans le Médoc, où il rêve de construire, sur le terrain familial de la commune de Grayan-et-l'Hôpital, un musée de la décolonisation. Dans les dernières années de sa vie, Bob Denard habitait à Chennevières-sur-Marne (dans le Val-de-Marne).

      Il doit cependant faire face à de nombreuses procédures judiciaires ainsi qu'à des ennuis d'argent et de santé.

      Plusieurs journalistes ont essayé de le rencontrer quelques années avant sa mort, pour lui demander des informations sur sa vie, afin d'en faire un livre. Au début il refusa de les voir, estimant être capable de rédiger ses mémoires seul, dans lesquels il promettait de nombreuses révélations. Mais il fut progressivement gagné par la maladie d'Alzheimer, qui rendit confuse sa mémoire sur les évènements passés.

      Il meurt le 13 octobre 2007 dans le dénuement le plus total, d'un arrêt cardiaque, emportant avec lui une partie de ses secrets.

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      Ennuis judiciaires

      Inculpé pour assassinat à l'encontre de Ahmed Abdallah avec son lieutenant, Dominique Malacrino, les deux hommes sont relaxés. En effet, quelques jours avant le procès, la famille d'Ahmed Abdallah s'était rétractée en abandonnant les poursuites, et avait fait savoir qu'elle ne désirait pas que ce procès aboutisse à un non-lieu. Le président des Comores Mohamed Taki, initiateur du coup d’État contre le président Abdallah[13], son ancien allié politique, fit toutefois savoir qu'il refusait que Bob Denard rentre au pays. Le 6 novembre 1998, ce dernier mourut dans d'étranges circonstances. La famille cria à l'empoisonnement et demanda une autopsie. Rapidement, l'affaire fut étouffée et l'autopsie oubliée. Mohamed Taki est officiellement décédé de mort naturelle.

      En 2001, Guido Papalia, procureur de la ville de Vérone, au Nord-Est de l'Italie, poursuivit Bob Denard pour avoir tenté de recruter des mercenaires dans les milieux de l'extrême droite italienne afin de renverser le colonel Azali Assoumani qui s'opposait aussi à son retour. Bob Denard a été jugé à partir du 21 février 2006. Un avocat, maître Elie Hatem, lui a été commis d'office. Cette instruction dura dix ans. De mauvaises affaires, comme l'achat d'un garage Citroën à Lesparre dans les années 1980, et le coût des procédures, entraînent des difficultés. Son nouvel avocat affirma même que les problèmes d'argent du vieux « corsaire de la République », comme il s'était autoproclamé, pouvaient compromettre sa stratégie de défense : « J'ai été commis d'office dans ce dossier, et M. Denard bénéficie de l'aide juridictionnelle », confie Elie Hatem, qui ne cache pas une réelle proximité, affective et idéologique, avec l'ancien mercenaire[14]. Bob Denard n'aurait vécu « que sur 250 euros par mois » : retraite due à ses états de service pendant la guerre d'Indochine. Il pouvait ne pas assister à son procès, souffrant de la maladie d'Alzheimer.

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      Représentations en fiction

      Dans le tome 6 de la bande dessinée Wayne Shelton, on trouve un personnage nommé Fred Ménard, clairement inspiré de Denard : avec un passé de mercenaire criminel, Ménard affirme n'avoir qu'une retraite misérable pour vivre[15].

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      Notes et références

      1. Décès de l'ancien mercenaire Bob Denard, AFP, 14 octobre 2007. Consulté le 28/10/2008
      2. Article paru dans l'Humanité en 1999
      3. anciens col bleus et pompons rouges, rubrique E.A.M.F
      4. François Béguin, « Bob Denard a toujours agi pour le compte de l'État français », LeMonde.fr, 15 octobre 2007. Consulté le 28/10/2008
      5. Bob Denard est mort, BBCAfrique.com, 15 octobre 2007. Consulté le 28/10/2008
      6. a, b et c (en) Stephen Dorril, MI6: Inside the Covert World of Her Majesty's Secret Intelligence Service, Free Press, 21 mai 2002, 928 p. (ISBN 978-0743217781) 
      7. David Smiley, Arabian Assignment, 1975, Cooper Edition, p. 156.
      8. Pierre Lunel, Bob Denard, le roi de fortune, Éditions N°1, 1991 (ISBN 978-286391456 et 4978-2863914564) 
      9. Jean Schramme, Le bataillon Léopard, Édition J'ai lu, l'aventure aujourd'hui n° A255, 1969
      10. en majorité des « Zanatany » réfugiés rescapés des troubles sociaux de 1976 à Majunga, sur l'île de Madagascar
      11. légionnaires reconvertis en mercenaires à cause de leur variété d'origines (sud-africaine, israélienne,...) strictement disciplinés et discrets dans la population
      12. Jean-Philippe Ceppi, Une semaine après le coup d'État du mercenaire Bob Denard dans l'archipel, l'intervention des forces françaises aux Comores chasse les putschistes, Libération, 5 octobre 1995.
      13. Taki versus Abdallah; http://www.comores-online.com/mwezinet/histoire/taki2.htm
      14. Quotidien de la Réunion
      15. Onirik - Wayne Shelton, tome 6 : L’Otage - Avis -
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      Sources

      • Bob Denard, profession mercenaire, documentaire de Thomas Risch, production Doc en Stock.
      • Bob Denard et Georges Fleury, Corsaire de la République, Robert Laffont, 1998, 437 p. (ISBN 2876452154) 
      • Les Mercenaires 1960-1980 Historia Numéro Spécial 406 bis (1980).
      • Pierre Lunel Bob Denard, le roi de fortune - Édition no 1 – 1991. En ce qui concerne le Yémen, la part belle est donnée aux Français tandis que le rôle essentiel des Britanniques - et du MI6 - qui sont les organisateurs et les maîtres d’œuvre sur le terrain de cette intervention, est occulté. Ainsi le colonel du SAS « Johnny » Cooper apparaît-il comme un simple « radio anglais » et le colonel David Smiley n’est-il cité qu’une seule fois (page 244). Nombreuses photographies.
      • (en) David Smiley, Au cœur de l’action clandestine. Des Commandos au MI6 [« Irregular regular »], Norwich, Michael Russell, 1994 (ISBN 0859552020) . L'auteur commandait les mercenaires, pour le compte du MI6, au Yémen, de 1964 à 1967.
      • (en) Colonel David Smiley et Peter Kemp, Arabian assignment, London, Cooper, 1975 (ISBN 0850521815) . Ecrit par un officier qui participa, sur le terrain, aux interventions britanniques, pour le compte du MI6, à Oman (1958-1961) et au Yémen (1963-67).
      • (en) Stephen Dorril, MI6 : inside the covert world of Her Majesty's secret intelligence service, New York, Free Press, 2000 (ISBN 0743203798) . Toutes le opérations du MI6 sont détaillées. Le chapitre 19 est consacré à l'Albanie (projet Valuable), le chapitre 30 traite d'Oman et Mascate et le chapitre 31 du Yémen. Index en ligne
      • (en) Nécrologie dans le Dayly Telegraph du colonel Jim Johnson (1924-2008, OBE), officier du SAS qui recruta les mercenaires français pour l'opération du Yémen
      • Colonel Jean Schramme : Le bataillon Léopard, Édition J'ai lu, l'aventure aujourd'hui. C. Robert Laffont, 1969.

      Ouvrage autobiographique

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      Dernière modification le 13 juin 2013, à 22:05