Acronymie

Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec Sigle.

Un acronyme[1] est un sigle se prononçant comme un mot normal ou un mot formé de syllabes de mots différents[2].

Usage

Un acronyme peut s'écrire, selon les cas[3] :

Certaines entreprises créent des acronymes qui « sonnent » bien puis cherchent a posteriori une signification pour chacune des lettres. Ce sont des cas particuliers de rétroacronymie. Un des cas les plus célèbres est celui du nylon, créé en 1938, qui a donné lieu à des rétroacronymies plus ou moins fantaisistes.

L'acronyme peut également être formé en abrégeant les mots par leur syllabe initiale (par exemple Benelux)[7].

L'acronyme peut également être utilisé comme moyen mnémotechnique : par exemple dans l'aviation, l'acronyme achever est parfois utilisé pour lister tout ce qu'il ne faut pas oublier de vérifier avant de décoller (A pour atterrisseur, C pour contact, H pour huile (pression et température)etc.). On peut aussi apprendre en auto-école qu'au moment de partir, il faut être vif : vitesse, indicateur, frein et en cas d'accident, il faut faire le premier pas : protéger alerter secourir.

Les acronymes ne portent pas la marque du pluriel, sauf lorsqu'ils ont été lexicalisés comme des noms communs[8] — des radars, des lasers —. Dans ce cas, ils peuvent aussi servir de racine à d'autres noms, verbes et adjectifs — smicard et onusien.

↑Revenir d'une section

Acronyme et néologisme

L'acronyme, une fois lexicalisé par l'usage, est à son tour créateur de nouveaux termes lexicaux, par ajout de préfixes ou suffixes. Exemples : médefiste[9], ufologie, ...

↑Revenir d'une section

Usage littéraire

Des écrivains se sont rapidement approprié ce procédé pour en jouer :

  • Raymond Queneau modifie leur graphie : achélème (acronymisation de HLM, qui est le sigle de « habitation à loyer modéré »)[10], ... ;
  • d'autres auteurs inventent des acronymes originaux (en ne suivant pas exactement leur règle de formation et en insérant parfois des lettres supplémentaires sans signification) : par exemple le SDREDRERARLO, le Syndicat des empêcheurs de rire en rond à l'opéra, pour R. Ducharme[11] ;
  • Robert Desnos : Charles Quint Faux Défunt[12] (CQFD).
↑Revenir d'une section

Record

L'acronyme russe Niiomtplaboparmbetzhelbetrabsbomonimonkonotdtekhstromont (en cyrillique : Нииомтплабопармбетзелбетрабсбомонимонконотдтехстромонт) est le plus long du monde (56 lettres mais 54 en alphabet cyrillique) et signifie : « Laboratoire pour des opérations de couverture, de renfort, de béton et de béton armé pour les constructions composites-monolithiques et monolithiques du Département de la technologie des opérations du bâtiment assemblé de l'Institut de recherche scientifique de l'Organisation pour la mécanisation de bâtiment et l'aide technique de l'Académie du bâtiment et de l'architecture de l'Union des républiques socialistes soviétiques »[13].

↑Revenir d'une section

Notes et références

  1. Emprunté à l'anglais acronym, du grec ἄκρος / ákros, « au bout, extrême » et ὄνομα / ónoma, « nom ».
  2. « Acronyme », sur www.orthotypographie.fr
  3. Il s'agit seulement de l'usage majoritaire, en aucun cas d'une règle, si l'on en croit Le Bon Usage de Maurice Grevisse[évasif]
  4. a et b Imprimerie nationale française, Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale, p. 159-160.
  5. a et b Groupe de Lausanne de l'association des compositeurs à la machine, Guide du typographe romand, 4e éd., 1982, p. 61.
  6. On parle de lexicalisation lorsque l'usage de l'acronyme se généralise au point de ne plus être distingué d'un nom (et ne plus nécessairement être attaché à sa signification initiale).
  7. Bernard Dupriez, Gradus, les procédés littéraires.
  8. Marque du pluriel sur francite.net
  9. Gradus, p. 24.
  10. B. Dupriez, Gradus, p. 24
  11. B. Dupriez, id. p. 24.
  12. Gradus, p. 270
  13. Source : Guinness Book des records du monde.
↑Revenir d'une section

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

  • Bernard Dupriez, Gradus, Les procédés littéraires (Dictionnaire), éd. 10/18, coll. « Domaine français », 1984.
  • Georges Himelfarb, Sigles et acronymes, éd. Belin, coll. « Le français retrouvé », 2002.
  • Patrice Cartier, Le langage des sigles, éd. La Martinière, 2009.

Articles connexes

Liens externes

↑Revenir d'une section
Dernière modification le 11 mai 2013, à 17:00